Andorre avance les réformes de la loi sur le bien-être animal avec l'avis des parties prenantes et des appels à des mesures plus audacieuses
Des groupes de protection animale comme ARPA plaident pour l'interdiction de la vente d'animaux de compagnie, un registre des contrevenants, une formation obligatoire et un partage de données transfrontalières pour prévenir les abus et la récidive.
Points cles
- Le ministère avance les réformes de la loi sur le bien-être animal avec consultation des acteurs, dépôt prévu avant l'été.
- ARPA propose interdiction de vente d'animaux, registre des contrevenants, formation obligatoire des propriétaires et bénévolat pour réintégration.
- Recommandations incluent partage de données avec l'Espagne et la France pour éviter la récidive.
- GosSOS appelle à des peines plus sévères, interdiction d'outils douloureux et élargissement des définitions d'abus.
Le ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage est parvenu à la phase finale des réformes de la loi andorrane sur la protection et le bien-être animal, en attente des dernières révisions et réunions avec des acteurs tels que le Collège des vétérinaires, les refuges, la fédération de chasse, les agriculteurs et les communiers. Les responsables prévoient de soumettre le texte actualisé au Consell General avant l'été, en mettant l'accent sur des garanties renforcées grâce à des dispositions plus rigoureuses.
Les organisations de protection animale soutiennent l'orientation mais appellent à des mesures plus audacieuses, y compris une interdiction totale de la vente d'animaux de compagnie pour réduire les abandons et favoriser les adoptions responsables. L'Association Rescatista i Proteccionista d’Animals (ARPA), désormais dirigée par l'éthologue Laura Valero après des changements récents à sa tête, a transmis des propositions détaillées au ministère et pour des révisions du code pénal. Celles-ci visent une approche préventive combinant sanctions, contrôle administratif et éducation pour pallier les lacunes de la Llei 11/2016 et du code pénal actuel, qui permettent aux récidivistes d'échapper à un suivi efficace.
Les principales recommandations d'ARPA prévoient un retrait immédiat des animaux en cas d'abus graves, avec des amendes couvrant les coûts réels de récupération, de réhabilitation et de réinstallation. Le groupe réclame un registre officiel des personnes sanctionnées, protégé par des protocoles de données, pour permettre un suivi et prévenir la récidive. Tous les futurs propriétaires devraient obtenir une autorisation administrative préalable de leur comú ou de l'autorité compétente, vérifiée contre le registre avant la pose de la puce vétérinaire ou l'enregistrement. Un certificat serait obligatoire pour ces démarches, centralisant les contrôles auprès des autorités plutôt que des vétérinaires.
Pour recouvrer leurs droits de propriété, les personnes sanctionnées devraient intégralement payer leurs amendes, suivre une formation de base sur le bien-être canin axée sur le renforcement positif, le comportement et les premiers secours, accumuler au moins 25 heures de bénévolat en refuge, et obtenir des rapports favorables des deux. Les récidivistes feraient face à des interdictions permanentes. Pour les cas de propriété « indirecte » ou frauduleuse — comme des personnes interdites vivant avec ou contrôlant des animaux enregistrés au nom d'autrui —, ARPA propose de tenir les propriétaires complices responsables, d'autoriser des saisies immédiates sur suspicion raisonnable, et des inspections de routine. Elle suggère aussi des barrières supplémentaires pour les personnes sanctionnées cherchant des professions liées aux animaux, incluant des évaluations psychotechniques de haut niveau comparables à celles des forces de sécurité, des certifications spécialisées en modification du comportement, ou des qualifications officielles — en soulignant que la formation de réintégration de base ne suffit pas pour les rôles professionnels.
ARPA plaide pour un futur partage de données avec l'Espagne et la France via les canaux judiciaires et policiers établis, afin d'empêcher les contrevenants d'enregistrer des animaux à l'étranger, en raison de la proximité frontalière d'Andorre qui constitue une vulnérabilité.
L’Associació Protectora d’Animals, Plantes i Medi Ambient (APAPMA) voit les réformes d'un bon œil mais rappelle que les mises à jour précédentes étaient insuffisantes, souvent diluées pour protéger des intérêts spécifiques malgré une sensibilité sociétale croissante au bien-être animal. « La dernière était un progrès par rapport à ce que nous avions, mais elle est restée en deçà », note le groupe.
GosSOS, qui n'a pas encore vu le projet final, soutient des mesures plus strictes au code pénal pour révoquer les droits de propriété des abuseurs condamnés, interdire les outils d'entraînement douloureux comme les colliers électriques, élargir les définitions d'abus psychologique, et actualiser les normes de bien-être. Les organisations s'accordent à dire qu'Andorre a l'occasion de prendre la tête dans la région, à condition que les réformes intègrent des améliorations substantielles.
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