Conseil de l'Europe inspectera la prison andorrane en 2027 malgré les inquiétudes syndicales sur les ressources
Le comité européen de prévention de la torture prévoit un contrôle périodique en Andorre en 2027, alors que les syndicats locaux alertent sur les pénuries de ressources et les limites structurelles malgré une occupation modérée et une extension prévue.
Points cles
- CPT prévoit des visites en 2027 en Andorre, Albanie, Croatie, Islande, Lettonie, Slovaquie, Suisse, Turquie.
- Prison de la Comella à 49 % d'occupation avec 74 détenus, plus de la moitié d'étrangers, peines courtes majoritaires.
- Syndicats SPP et SPA dénoncent manque de personnel, installations inadaptées et calendrier d'extension trop lent.
- Rapport CPT 2025 alerte sur mauvais traitements, impunité et surpopulation en Europe.
Le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l'Europe se rendra en Andorre en 2027 dans le cadre de ses inspections périodiques, aux côtés de l'Albanie, de la Croatie, de l'Islande, de la Lettonie, de la Slovaquie, de la Suisse et de la Turquie. Cette annonce coïncide avec le rapport annuel 2025 du CPT, publié cette semaine, qui signale des tendances préoccupantes en Europe, dont de nouvelles allégations de mauvais traitements en détention, des problèmes d'impunité policière et une surpopulation carcérale.
Les particuliers et organisations sont invités à soumettre des informations pertinentes sur les conditions des personnes privées de liberté dans ces pays via la page de contact du CPT. Le comité pourrait aussi effectuer des visites ad hoc en 2027 et reporter certaines inspections à 2028 si nécessaire.
Le Centre Pénitentiaire de la Comella en Andorre fonctionne actuellement à une capacité modérée, avec 74 détenus pour 151 places – un taux d'occupation de 49 % selon les données de 2025. La population carcérale est majoritairement masculine, répartie équitablement par tranches d'âge, avec plus de la moitié d'étrangers. Environ 44 % purgent des peines fermes, le reste étant en détention provisoire ou en attente de décisions judiciaires. Les durées des peines tendent à raccourcir ces dernières années.
Les syndicats pénitentiaires locaux ont exprimé leurs préoccupations avant la visite. Le Sindicat del Personal Penitenciari (SPP), par la voix de son porte-parole Francesc Pérez, a indiqué que l'établissement fonctionne de manière professionnelle mais souffre de contraintes structurelles. Il manque de ressources, de personnel et d'équipements suffisants pour exercer efficacement ses missions, les installations ne répondant pas aux besoins actuels.
Le Sindicat Penitenciari Andorrà (SPA) a repris ces points, critiquant un manque de direction claire et un fonctionnement par « inertie ». Il a souligné des installations inadéquates, des pénuries de personnel et des conditions de travail peu attractives qui freinent le recrutement. Le syndicat a noté l'achat récent par le gouvernement d'un terrain adjacent pour une future extension, mais jugé le calendrier trop long. Il avait proposé d'acquérir un bâtiment proche pour ajouter rapidement des modules, proposition non retenue.
La formation de la police suit les recommandations du CPT sur la tolérance zéro à la violence, intégrant des protocoles d'intervention, des pratiques de détention dignes et des normes d'égalité dans les formations initiales, continues et de commandement. L'Andorre a déjà fait l'objet de quatre visites antérieures du CPT, toutes avec des rapports publiés.
Le rapport du CPT exhorte les gouvernements à lutter contre la surpopulation par des révisions de la politique pénale, des alternatives à la détention et des limites strictes de capacité. Il pointe aussi des problèmes dans les régimes de détention provisoire et de haute sécurité, des lacunes dans les soins de santé mentale, et la nécessité d'un contrôle plus strict sur l'isolement et les moyens de contrainte.
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