Ancien chef espagnol jugé en Andorre pour menaces au couteau contre son patron et sa mère
Le parquet requiert 14 mois avec sursis après des incidents de 2020 impliquant des gestes avec lame au milieu de tensions professionnelles, l’accusé évoquant des outils de jardinage
Points cles
- Ex-chef espagnol de 57 ans jugé en Andorre pour deux menaces au couteau en 2020 contre un gérant d’hôtel et sa mère
- Parquet requiert 14 mois avec sursis et 3 000 € d’amende, menaces jugées crédibles par des témoins
- Accusé nie intention de nuire, parle d’outils de jardinage au milieu de tensions au travail après 16 ans
- Témoins évoquent des coups de colère, danger réel débattu après six ans
Un ancien chef cuisinier espagnol de 57 ans, qui travaillait dans un hôtel de Sant Julià de Lòria, a comparu jeudi devant le Tribunal de Corts pour deux chefs d’accusation de menaces graves avec une arme blanche. Ces faits remontent à la fin août 2020, dans un contexte de tensions croissantes sur son lieu de travail après 16 ans de service.
Le parquet a exposé comment l’accusé aurait menacé à deux reprises son manager andorran de 52 ans. Lors d’un premier épisode, au cours d’une conversation dans le jardin avec un collègue d’entretien, il aurait déclaré se sentir « très mal » à cause de son patron et qu’en le croisant, il lui « ouvrirait le ventre », tout en exhibant un couteau et en mimant le geste. Le second s’est produit lors d’un échange direct en extérieur avec la mère de 86 ans du manager, à qui il aurait lancé : « Je vais prendre un couteau et poignarder ton fils », en montrant à nouveau une lame.
Le parquet juge ces menaces crédibles, étayées par les témoignages et les rapports de police, et requiert 14 mois de prison avec sursis – assortis de quatre ans de mise à l’épreuve – ainsi que 3 000 € d’indemnité civile, à partager à parts égales entre le manager et sa mère. Les policiers intervenus quelques semaines plus tard ont trouvé l’accusé repentant et coopératif, et ont saisi plusieurs armes.
L’accusé a nié toute intention de nuire, admettant seulement que son patron « méritait deux gifles » mais affirmant que les couteaux ou ciseaux étaient des outils de jardinage ordinaires, et non des accessoires menaçants. Il a indiqué que son contrat s’était terminé à l’amiable.
Les témoignages ont varié. Un proche collègue et ami a rappelé que l’accusé s’était emporté à deux reprises – une fois dans le jardin, une fois en cuisine – en parlant de « trancher » le patron tout en montrant un couteau, mais il a minimisé cela comme un coup de colère passager sans réel danger sur le lieu de travail. « Je ne l’en croyais pas capable », a-t-il dit, ajoutant que personne ne semblait en danger de mort. Le manager a été informé par sa mère et un ouvrier d’entretien, et a porté plainte par crainte plusieurs semaines plus tard. La mère a relaté l’altercation dans le détail. Les craintes ont été amplifiées par un homicide survenu en septembre 2020 à Encamp, où un salarié avait tué son ex-patron dans un différend professionnel.
Six ans après les faits, les souvenirs se sont estompés, certains minimisant les propos comme de la rhétorique chauffée, d’autres en soulignant la gravité. La justice devra trancher s’il y avait une menace réelle. Le verdict est en délibéré.
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