Malien jugé en Andorre pour trafic de cocaïne et cannabis
Un résident de 48 ans risque 7 ans de prison pour avoir distribué de grandes quantités de stupéfiants aux frontières d’Andorre. Arrêté ivre avec de la drogue cachée dans le corps, il nie un rôle majeur mais admet de petites ventes locales.
Points cles
- Malien de 48 ans d’Ós de Civís risque 7 ans pour distribution de drogue en Andorre.
- Saisie de 44 g de cocaïne dans son corps, 7 400 €, balances, téléphones ; 12 750 € de profits allégués sur 295 g.
- Enquête lancée en novembre 2024 à Aixovall ; il admet des ventes mais les dit toutes en Espagne.
- Défense demande relaxe sur la plupart des faits, usage personnel et peine limitée au temps passé en détention.
Un ressortissant malien de 48 ans résidant à Ós de Civís comparaît devant le Tribunal de Corts d’Andorre pour trafic de cocaïne et de cannabis, les procureurs estimant qu’il gérait un réseau de distribution visant des clients dans le Principat.
L’affaire porte sur le fait de savoir si ses activités se sont déroulées dans la juridiction andorrane ou se sont limitées à l’Espagne. La Fiscalia requiert sept ans de prison, une amende de 30 000 €, une expulsion définitive d’Andorre et la confiscation des objets saisis, dont 5 100 € en espèces trouvés chez lui, 2 300 € dans son sac à dos, des balances de précision, des sachets plastiques, des produits de coupe, plusieurs téléphones, et un bénéfice estimé à 12 750 € provenant de 295 grammes de cocaïne vendus à 40-60 € le gramme.
L’enquête a débuté le 6 novembre 2024 lorsqu’un policier à Aixovall a contrôlé un motard transportant 10 grammes de cocaïne. Le motard a d’abord accusé des « Marocains » d’Ós de Civís, mais a ensuite désigné l’accusé, qui y vivait et y travaillait dans un hôtel. Une opération conjointe avec les Mossos d’Esquadra a suivi ses déplacements depuis Lleida. Le lendemain, au poste frontalier de Runer River, les agents ont noté sa nervosité malgré l’absence de permis de conduire et la présence d’un accompagnateur faisant office de chauffeur.
Un premier chien détecteur n’a donné aucun signal clair, mais un second s’est concentré sur sa zone génitale. Lors de la fouille, un préservatif a émergé de sa cavité anale ; il a tenté de le repousser et a dû être maîtrisé. Il contenait 44 grammes de cocaïne, que la police a jugés potentiellement mortels en cas de rupture. Il était intoxiqué et est resté en détention provisoire pendant 21 mois.
Les procureurs s’appuient sur des messages téléphoniques, des témoignages d’acheteurs et les objets saisis pour affirmer qu’il effectuait des allers-retours répétés à La Seu d’Urgell et Lleida pour se fournir, rejetant ses allégations de consommation personnelle. Des témoins ont confirmé avoir acheté de la cocaïne et du cannabis chez lui à Ós de Civís.
L’accusé admet la saisie à la frontière et des ventes occasionnelles – une dizaine à un acheteur andorran et cinq à un autre – au prix coûtant, en utilisant les balances pour peser les portions. Il affirme que toutes les transactions ont eu lieu sur son lieu de travail espagnol, niant toute vente en Andorre, trafic de cannabis, transport antérieur dans le corps ou projet d’exportation vers l’Afrique. Il décrit des achats typiques de 15-30 grammes pour une consommation personnelle de 1 à 1,5 gramme par jour, avec un total de ventes de 135-156 grammes.
Son avocat conteste cinq des neuf prétendus approvisionnements comme non prouvés, demande la relaxe pour les faits de cannabis sur la base du témoignage d’un seul témoin concernant deux achats de 30 grammes, et argue que seuls les grammes saisis sont confirmés. Ils requièrent une peine limitée au temps passé en détention, une amende de 4 050 € sur la base d’un bénéfice estimé à 2 025 €, et une expulsion de cinq ans.
En raison de son analphabétisme, de sa faible maîtrise de l’espagnol et de ses difficultés de compréhension sous pression – malgré un rapport confirmant des capacités standards –, un éducateur social de prison l’a assisté. La présidente l’a interrogé en catalan, espagnol et français, qu’il a suivi malgré des difficultés d’élocution.
Le tribunal doit désormais trancher s’il a utilisé l’Andorre comme marché ou vendu sporadiquement depuis l’Espagne. Le verdict est attendu mercredi prochain.
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