Le plan migratoire de l’Alt Urgell révèle racisme scolaire et crise de santé mentale chez les jeunes
Nouveau rapport met en lumière les pénuries de ressources, la hausse des incidents racistes et la détérioration de la santé mentale chez les élèves diversifiés de l’Alt Urgell en Catalogne.
Points cles
- Les résidents nés à l’étranger atteignent 15,51 % de la population, 20 % chez les jeunes originaires d’Amérique latine, du Maroc, du Pakistan.
- Les écoles signalent un racisme répété comme des moqueries et exclusions, sans protocoles ni personnel de soutien.
- La santé mentale des jeunes se dégrade en raison du deuil migratoire, des problèmes d’identité, du racisme et des obstacles administratifs.
- Le plan urge de meilleures données sur la migration liée à Andorre pour des politiques d’intégration ciblées.
Un nouveau plan migratoire pour la région de l’Alt Urgell met en évidence les défis croissants dans les écoles et instituts locaux, incluant des incidents racistes répétés et un soutien inadéquat pour un corps étudiant de plus en plus diversifié, tandis que des spécialistes alertent sur la détérioration de la santé mentale des jeunes.
Le Comarcal Plan for Citizenship and Migration 2026–2028, commandé par le Conseil comarcal de l’Alt Urgell à la société de conseil La Perifèrica pour 11 579 €, sera présenté publiquement cet après-midi au Centre Cívic de La Seu d’Urgell. Le rapport détaille une forte hausse des résidents nés à l’étranger, qui représentent désormais 15,51 % de la population de la comarque — 3 277 personnes — selon les données d’Idescat. À La Seu d’Urgell, ils constituent 17,58 %. Chez les jeunes, la diversité est encore plus marquée : 20,16 % sont nés à l’étranger en 2021, avec des élèves arrivant de pays comme la Colombie, la Bolivie, le Pérou, l’Argentine, la République dominicaine, le Maroc et le Pakistan.
Les écoles et instituts manquent de ressources suffisantes pour gérer cette diversité culturelle, linguistique, socio-émotionnelle et en santé mentale, indique le plan. Les enseignants sont formés pour le contenu académique mais pas pour gérer les complexités émotionnelles et sociales en classe. Dans un institut, des élèves de classe d’accueil ont rapporté un racisme persistant, comme des moqueries du type « retourne dans ton pays », « noir » ou « nul ». Cela inclut des insultes répétées, des exclusions sur le terrain de jeu et des rejets lors des activités sportives, qui érodent la conviviale quotidienne. De nombreux incidents ne sont pas traités, les victimes les normalisant parfois. Le rapport critique l’absence de protocoles clairs pour prévenir, détecter ou intervenir en cas de racisme et de harcèlement, ainsi que le manque de rôles de soutien comme les éducateurs sociaux.
Cette situation aggrave la santé mentale des jeunes, liée au deuil migratoire, aux pressions familiales, aux luttes identitaires et au racisme quotidien. Beaucoup se sentent déracinés, formant des groupes isolés avec un sentiment persistant d’inexistence. Le problème s’intensifie pour les 16-18 ans confrontés à des obstacles administratifs, comme l’absence de NIE ou de qualifications validées, menant à un isolement éducatif et social, à la frustration et à un manque de perspectives de vie.
Le plan signale aussi les règles immigratoires restrictives d’Andorre, qui obligent les familles — souvent expulsées de la principauté — à s’installer dans l’Alt Urgell sans stabilité ni réseaux de soutien. Les enfants de ces familles peuvent intérioriser le bouleversement comme un échec personnel, créant un deuil complexe qui viole la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant. L’irrégularité administrative intermittente et la dépendance professionnelle envers Andorre génèrent une insécurité vitale, laissant les familles sans ressources.
Le document appelle à de meilleures données sur les trajectoires migratoires et les liens avec Andorre pour orienter les politiques et services d’intégration.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :