Les archives américaines révèlent les routes d'évasion des aviateurs américains à travers l'Andorre pendant la Seconde Guerre mondiale
Les dossiers déclassifiés « Escape & Evasion » détaillent les voyages périlleux des équipages de B-17 depuis la France occupée par les nazis vers la sécurité via l'Andorre, y compris leur sort.
Points cles
- Sgt. Charles Peacock, opérateur radio sur le B-17 du Lt. Glen Ransom abattu en sept. 1943, présumé tué en route vers l'Andorre après séparation de l'équipage.
- Ransom et camarades évadés via Paris, Pampelune, franchissement andorran le 7 oct., arrivée à Gibraltar le 26 oct.
- Lt. Leonard Fink échappé d'un crash en juin 1943, repousse un Allemand, rejoint 27 évadés pour marche de 3 jours vers l'Andorre.
- Mitrailleur Edward Chonskie victime de trahison de guide près de Tarbes, marche 6 jours seul jusqu'au refuge andorran.
### Les routes d'évasion des aviateurs américains à travers l'Andorre pendant la guerre mises au jour par les archives américaines
Des dossiers récemment examinés aux Archives nationales des États-Unis jettent une lumière nouvelle sur les voyages périlleux de plusieurs aviateurs américains qui ont échappé à la capture en Europe occupée par les nazis et ont franchi la frontière andorrane pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces documents, issus de la collection « Escape & Evasion », relatent les expériences d'équipages de bombardiers B-17 abattus, dont un lié au sergent Charles P. Peacock, seul militaire américain présumé tué en route vers l'Andorre dont le corps n'a jamais été retrouvé.
Peacock, opérateur radio, servait à bord d'un B-17 piloté par le lieutenant Glen Ransom, abattu au-dessus de Stuttgart le 6 septembre 1943 par des chasseurs allemands. Un moteur avait lâché en route vers l'objectif, obligeant l'avion à larguer ses bombes et à prendre du retard sur la formation. Repéré par deux chasseurs Focke-Wulf puis par des dizaines d'autres, l'appareil fut criblé de balles. Ransom ordonna à l'équipage de sauter en parachute ; il sauta en dernier, atterrissant près de Gandelain dans le district d'Alençon en Normandie. Des habitants locaux le mirent en contact avec des réseaux d'évasion.
Ransom se retrouva bientôt avec ses camarades Pasquale Delvento, Ralph Houser, Vincent Cox et Peacock. Le groupe se sépara peu après : Ransom, Houser et Delvento atteignirent Paris, puis Pampelune en train. De là, ils rejoignirent un plus grand groupe de 13 Américains et deux aviateurs de la RAF, voyageant en bus et à pied jusqu'à un chalet de montagne. Le 7 octobre, un guide les mena en Andorre. Après deux jours de repos à l'hôtel, ils marchèrent jusqu'à Manresa, prirent un train pour Barcelone, atteignirent le consulat britannique le 14 octobre, arrivèrent à Madrid le 21 octobre, et Gibraltar le 26 octobre. Ransom remit son rapport le 28 octobre, indiquant initialement Peacock comme porté disparu avant de le porter tué au combat. Il avait été vu pour la dernière fois avant la séparation.
D'autres rapports révèlent des fortunes diverses. Le lieutenant Leonard Fink, navigateur d'un B-17 abattu le 26 juin 1943 près de l'aérodrome de Villacoublay à Versailles, sauta en parachute dans la forêt de Rambouillet. Évitant les Allemands, il frappa un soldat de la Feldgendarmerie avec un bâton et s'enfuit. Après un échec d'évacuation aérienne, les réseaux le firent passer par Paris, Jinville, Fontenay-sous-Bois, Toulouse, Pampelune et Lavelanet jusqu'à Foix. Avec six autres, il se perdit dans les bois près de Mercus, puis rejoignit un groupe de 27 évadés pour une marche de trois jours en Andorre. Ils se reposèrent deux jours à l'hôtel avant de se diriger vers Manresa, Barcelone, Madrid et Gibraltar. Fink signa son récit le 29 octobre.
Le mitrailleur Edward Chonskie, d'un B-17 perdu le 7 juillet 1943, fut victime d'une trahison. Un réseau l'emmena avec deux autres à Tarbes, où un guide espagnol prit 3 000 francs, en exigea davantage, puis les abandonna en chemin. Sans se décourager, ils marchèrent six jours seuls jusqu'en Andorre, trouvant refuge dans une grange. Un jeune Français les aida, suivi d'un policier qui leur fournit des bottes et les mit en contact avec un certain Sherry. L'hôtel d'une Américaine – peut-être celui de Lina Pla – leur offrit un abri avant qu'un guide ne les mène en Espagne le 7 octobre.
Les sergents Claude Sharpless et George Elliott, mitrailleurs d'un B-17 abattu le 24 août 1943, entamèrent leur dernière étape depuis Tarbes le 25 septembre via Foix jusqu'à Verdun. Le 3 octobre, un membre de la Résistance nommé Jean les guida avec un couple juif et un soldat français à travers l'Andorre sans guide local. Des taxis les menèrent à Sant Julià et à un hôtel national. Le 6 octobre, ils franchirent la frontière espagnole, séjourneront à la ferme, rejoignirent un groupe dirigé par des Espagnols, et atteignirent le consulat britannique de Barcelone le 13 octobre.
Ces récits soulignent les risques et la générosité des helpers français et andorrans des filières d'évasion, passibles d'exécution s'ils étaient pris par les Allemands. Alors que les restes de Peacock ont échappé aux recherches près d'Incles et Soldeu – contrairement à des ossements trouvés en 1953 à Marrades Mortes, ultérieurement démentis comme les siens –, les archives conservent un témoignage vivant de leur odyssée.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :