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Escroqueries et sous-locations illégales exploitent les saisonniers en Andorre

Offres de location frauduleuses, sous-locations illicites et vente de faux certificats de résidence ciblent les saisonniers dans un marché immobilier tendu en Andorre.

Synthese a partir de :
Diari d'Andorra

Points cles

  • Escrocs demandent des paiements anticipés (ex. 2 250 €) pour des appartements non vus via WhatsApp/Instagram.
  • Sous-location illégale courante ; nombreuses annonces indiquent « sans certificat » et manquent de contrats ou droits locatifs.
  • Certificats de résidence vendus jusqu’à 500 € malgré absence d’occupation réelle du logement.
  • Pénurie de logements empêche contrats de travail et permis de séjour, décourageant les victimes de porter plainte.

Les crises économiques créent souvent des opportunités pour les opérateurs malhonnêtes. Sur le marché immobilier surchauffé d’Andorre, certains exploitent le désespoir des saisonniers en proposant des locations frauduleuses ou en vendant des documents affirmant que quelqu’un réside dans un appartement alors qu’il n’y vit pas.

Une récente escroquerie a circulé via WhatsApp et Instagram. Un homme se présentant comme Oihan López et prétendant représenter une société nommée « Altorin SL » a demandé un paiement anticipé de 2 250 € pour réserver un appartement à La Massana. Il promettait de remettre les clés après le virement et refusait de montrer l’appartement en personne avant paiement. Quand un locataire potentiel a refusé de payer sans visiter les lieux, les communications ont cessé et le vendeur a déclaré qu’il passerait à d’autres clients. Plusieurs utilisateurs de Facebook affirment avoir été ciblés par le même stratagème, certains depuis plus d’un an, et ont été invités à signaler le numéro à la police espagnole en raison de son indicatif étranger.

La sous-location illégale est également courante. De nombreuses annonces de chambres à Andorre sur Facebook précisent explicitement « sans certificat », indiquant que l’annonceur est un locataire qui sous-loue sans l’accord du propriétaire. Cette pratique, bien que prohibée, prolifère en raison d’un faible contrôle et d’une forte pression du marché. Les chambres coûtent souvent plus de 400-500 € par mois, parfois sans contrat, sans garanties de confidentialité ni droits de base pour les locataires.

Des témoignages font état de personnes facturant jusqu’à 500 € spécifiquement pour un certificat de résidence ou d’habitabilité, alors que le travailleur n’occupe pas réellement l’appartement. Une publication dans un groupe de Pas de la Casa alertait sur des « pseudo-propriétaires » vendant de tels certificats ; les autorités enquêteraient sur l’origine et les responsabilités des personnes impliquées.

Les saisonniers supplient souvent pour n’importe quel logement où ils peuvent domicilier leur adresse. Des messages publics indiquent « cherche chambre avec certificat, paie à temps et sage », et certains demandent explicitement à être simplement enregistrés en échange d’argent, une pratique pouvant relever de la fraude documentaire. Le manque de connaissance du droit andorran et leur statut vulnérable en font des cibles faciles pour les escroqueries ou les accords impossibles à formaliser légalement.

Ce problème crée un goulet d’étranglement légal et social : sans logement, les travailleurs ne peuvent obtenir de contrat de travail ; sans contrat, ils ne peuvent pas décrocher un permis de séjour. Pendant ce temps, des personnes sans droit légal sur un bien ou en situation irrégulière profitent de l’anxiété des chercheurs d’emploi pour soutirer de l’argent par des pratiques abusives.

Les travailleurs touchés ont peu d’options. Les autorités peuvent poursuivre les comportements criminels en cas de plainte formelle, mais beaucoup de saisonniers craignent de signaler les faits ou ne savent pas comment procéder. Avec un marché locatif formel incapable de répondre à la demande, les plateformes en ligne et les arrangements informels comblent le vide et augmentent l’exposition à la fraude.

La situation met en lumière un défi structurel du logement : tant que l’offre formelle ne répond pas à la demande saisonnière, les canaux numériques et intermédiaires informels proposent des solutions rapides mais risquées qui coûtent aux locataires bien plus que le loyer lui-même.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :