Massothérapeute jugé pour viols et agression sexuelle au Tribunal de Corts
Plaidoiries finales entendues dans une affaire accusant un thérapeute de deux viols et une agression sexuelle sur trois clientes entre 2022 et 2024 ; le parquet requiert 16 ans.
Points cles
- Accusé de deux viols et une agression sexuelle sur trois clientes (faits allégués 2022-2024).
- Parquet requiert 7 ans par viol, 2 ans pour agression (16 ans total), expulsion, ~10 ans d’interdiction professionnelle et amendes collectives ; parties civiles ~50 000 €.
- Preuves citées : témoignages cohérents des victimes, rapports médicaux de TSPT, experts sur réactions de gel, microparticules de talc dans un échantillon génital, messages disparus.
- Défense invoque présomption d’innocence, *in dubio pro reo* ; ~50 clientes satisfaites, absence de lésions physiques et usage courant de talc ; jugement réservé.
Les plaidoiries finales ont été entendues au Tribunal de Corts dans le procès d’un massothérapeute accusé de deux viols et une agression sexuelle à l’encontre de trois clientes. Après les réquisitoires du parquet public, des parties civiles et de la défense, la cour a réservé sa décision.
Le procureur a indiqué à la cour que les trois plaignantes avaient livré des comptes rendus crédibles, cohérents et concordants, et a attribué les imprécisions initiales sur les dates à la nervosité et au choc. Les fonctionnaires et policiers qui ont interrogé les femmes en premier, a ajouté le parquet, ont corroboré leur détresse visible, leur peur et leurs difficultés à relater les faits. Des rapports médicaux ont été cités, documentant des préjudices psychologiques compatibles avec un stress post-traumatique, et des experts ont décrit des réactions reconnues face à la violence sexuelle, incluant des réponses de « gel » verbal et physique temporaires.
Selon l’acte d’accusation et l’exposé du parquet, les faits allégués se sont produits lors de séances entre 2022 et 2024 et ont consisté, dans un cas, en des touchers des seins et du vagin, dans un autre en des contacts vaginaux et anaux, et dans le troisième en un contact avec les lèvres vulvaires. Des analyses scientifiques présentées au procès ont détecté des microparticules de talc dans un échantillon génital. Le procureur a également relevé la disparition de messages du téléphone de l’accusé et a souligné qu’une absence de traces d’ADN n’exclut pas qu’une agression sexuelle ait eu lieu.
Le parquet a confirmé requérir sept ans de prison pour chaque chef de viol et deux ans pour l’agression sexuelle — soit un total de 16 ans —, assortis d’une expulsion du territoire, d’une interdiction professionnelle d’environ dix ans, ainsi que de peines d’amende collectives et de dommages civils. Les trois parties civiles se rangent à la qualification pénale du parquet et demandent réparation pour préjudice moral et incapacité permanente partielle, avec des demandes individuelles rapportées entre 3 000 et 25 000 euros et un total d’environ 50 000 euros.
La défense a contesté les accusations et invité la cour à respecter la présomption d’innocence et le principe *in dubio pro reo*. L’avocat de la défense a appelé environ une cinquantaine d’anciennes clientes qui ont témoigné de leur satisfaction quant aux services du thérapeute, arguant que ces témoignages prouvent une conduite professionnelle et un respect des limites. La défense a soutenu qu’il n’existe aucune preuve solide de culpabilité et a demandé l’acquittement en cas de doute raisonnable.
Les avocats de la défense ont en outre fait valoir que, si les pénétrations digitales alléguées avaient eu lieu, des examens médicaux auraient vraisemblablement révélé des lésions physiques — ce qui n’a pas été le cas. Ils ont expliqué la présence de talc par la pratique courante des massages et un transfert accidentel, et ont remis en question des aspects des rapports psychologiques des victimes et de la dynamique décrite des séances de thérapie.
Le parquet et les parties civiles ont répliqué que les témoignages de clientes satisfaites visaient à discréditer les déclarations des victimes et ont rappelé que l’affaire concerne les trois femmes qui ont porté plainte, non la clientèle globale d’environ 1 500 clientes. Ils ont argué que l’accusé sélectionnait des clientes plus vulnérables psychologiquement — des femmes ayant des antécédents d’abus ou des deuils récents — et que des différences de résilience mentale expliquent pourquoi certaines ont été visées même lors de séances avec d’autres personnes. Le parquet a aussi pointé des contradictions dans le récit de la défense sur les visites, les messages et les méthodes du thérapeute.
L’accusé, détenu provisoirement depuis environ 18 mois, a nié les faits dans une déclaration finale et a demandé sa libération en cas d’acquittement. L’avocat de la défense a requis une relaxe immédiate et une mise en liberté provisoire en l’absence de preuves suffisantes pour une condamnation.
Les deux parties ont demandé au Tribunal de Corts d’adopter leur qualification juridique : condamnation et peines requises pour le parquet et les parties civiles ; relaxe pour absence de preuves suffisantes pour la défense. La cour va désormais délibérer et rendre son jugement.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :
- Diari d'Andorra•
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- Diari d'Andorra•
El Tribunal condemna a 9 anys l’acusat d’abusar sexualment de tres menors
- Altaveu•
Nou anys de presó per al jove que va abusar de tres menors
- Diari d'Andorra•
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- ARA•
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- Altaveu•
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- Diari d'Andorra•
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