Le tribunal d'Andorre accorde une mise en liberté sous caution à un touriste après un procès pour agression sexuelle
Un Madrilène de 21 ans accusé d'avoir agressé une travailleuse catalane dans les toilettes d'une discothèque est libéré sous caution de 10-12 000 € après le procès, malgré les procureurs.
Points cles
- Prévenu détenu 11 mois pour agression présumée le 28 février ; libéré sous caution après le procès.
- Victime présentant des symptômes de TSPT ; parquet requérant 6 ans de prison, 14 000 € de dommages.
- Défense invoquant un rapport consenti, sourires aux caméras et comportement calme post-incident.
- Décision critiquée pour privilégier les finances sur le fond ; sentence le 11 mars.
Le Tribunal des Corts d'Andorre a accordé une mise en liberté provisoire sous caution à un touriste madrilène de 21 ans accusé d'agression sexuelle, peu après la fin du procès marquée par des réquisitoires radicalement opposés du parquet et de la défense.
Le prévenu, détenu depuis le 1er mars 2025 à la suite de l'incident présumé survenu dans les toilettes d'une discothèque de Pas de la Casa dans la nuit du 28 février au 1er mars, avait passé près de 11 mois en détention provisoire à La Comella. L'audience orale de trois jours, qui s'est achevée vendredi dans la salle 6, a présenté des rapports d'expertise contradictoires, des témoignages de témoins et des comptes rendus policiers. La victime, une travailleuse saisonnière catalane de 25 ans, a été décrite par sa psychologue comme présentant des symptômes compatibles avec un stress post-traumatique et une anxiété, incluant une paralysie comme réponse traumatique, sans signes de fabrication. Les experts de la défense, sans évaluation directe, ont attribué son état à des facteurs antérieurs, remettant en cause un lien causal direct avec l'incident.
Les réactions policières ont divergé : les premiers agents ont noté la détresse de la femme – en pleurs, désorientée et rapportant des actes non consentis – tout en décrivant l'accusé comme « arrogant » lors de son arrestation. Des enquêteurs ultérieurs l'ont trouvé calme, coopératif et non agressif, soulignant son retour au club comme atypique pour un auteur d'infraction. Le personnel de la discothèque a confirmé une altercation extérieure mais n'a rien vu dans les toilettes, dépeignant l'accusé comme composé. Sa famille et ses amis l'ont présenté comme respectueux, non violent et engagé dans le bénévolat jeunesse.
En réquisitoire final, le parquet et l'accusation particulière ont requis six ans de prison, une interdiction de contact de 12 ans, une expulsion permanente d'Andorre et près de 14 000 € de dommages et intérêts pour préjudice moral, psychologique, médical et perte de salaire. Ils ont insisté sur le récit cohérent de la victime, sa plainte immédiate, sa détresse visible à la vidéosurveillance – souriante avant, ébranlée après – et ses « non » répétés mal interprétés comme de la flirtation, rejetant tout récit de « jeu de séduction ». « Non signifie non », a souligné le procureur, rappelant que la nature intime de ces crimes repose sur des preuves circonstancielles.
La défense a demandé l'acquittement et la libération immédiate, affirmant une interaction consentie que l'accusé a interrompue de lui-même. Elle a cité la vidéosurveillance montrant le duo souriant avant l'incident, les déclarations cohérentes de l'accusé avec les images, les contradictions dans les témoignages des amis de la victime et son comportement post-incident comme preuves d'innocence, niant tout profil de prédateur.
Le tribunal a approuvé la libération après que la famille a versé une caution – estimée entre 10 000 et 12 000 € – en invoquant le temps passé en détention et des doutes sur les preuves, malgré l'opposition du parquet. La sentence est fixée au 11 mars à 13 h.
Cette décision a suscité des critiques, un éditorial de *El Periòdic d'Andorra* du 23 janvier se demandant si la capacité financière prime sur le fond de l'affaire en matière de violences sexuelles, notant l'accent mis par la défense sur la liberté et la crédibilité de la victime plutôt que sur les faits.
Par ailleurs, l'accusé a été impliqué dans un incident antérieur en prison impliquant un prétendu traitement dégradant par le personnel, entraînant des sanctions disciplinaires désormais atténuées par sa libération ; sa famille pieuse a reçu des visites hebdomadaires de représentants du diocèse d'Urgell pendant sa détention.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :
- Altaveu•
L'alliberament de 'l'últim acusat per violació': menys feina per als penitenciaris… i per al bisbat
- Diari d'Andorra•
Cop a la Fiscalia amb la llibertat del jove acusat d’una violació al Pas
- El Periòdic•
Quan els diners pesen més que el consentiment
- El Periòdic•
Llibertat provisional per a l’acusat d’una presumpta agressió sexual al Pas amb una fiança de 10.000 euros
- Altaveu•
Llibertat amb fiança per al jove madrileny acusat de violar una temporera al Pas de la Casa
- El Periòdic•
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- Altaveu•
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- Diari d'Andorra•
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- Diari d'Andorra•
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