Testament du carnaval d’Ordino défend la satire et critique la politique locale et l’étalement urbain
Le testament des Carnestoltes d’Ordino a férocement satirisé les inégalités du logement et le détachement des officiels, tout en soutenant les fêtes d’Encamp au milieu de la polémique nationale sur les poupées liées à Israël.
Points cles
- Ouvert en défendant les effigies de Netanyahu, Poutine ou Espot.
- Soutien à Encamp dans la controverse des poupées, offre de ses consuls comme effigies.
- Critique des constructions pour riches, dispute sur la tête d’ours et détachement des officiels.
- Exhorte à financer les groupes culturels plutôt que la coûteuse salle Cota 1.300.
Ordino a clôturé ses célébrations de carnaval mercredi soir par la lecture traditionnelle du testament des Carnestoltes, un bilan satirique acerbe des enjeux locaux et nationaux qui s’est ouvert en défendant le droit de pendre des effigies de toute figure – « que ce soit Netanyahu, Poutine ou Espot ».
L’événement, tenu en clôture des festivités dans la paroisse, a commencé par un soutien explicite aux « amis d’Encamp » et à leur commission des fêtes au milieu d’une controverse en cours sur les poupées de carnaval là-bas. Les organisateurs de l’Associació de Cultura Popular d’Ordino ont présenté le rituel comme un rempart pour l’esprit critique de la satire, allant jusqu’à proposer à Encamp leurs consuls locaux – « Rufona et Betriu » – comme effigies, ce qui propulserait les dauphins, Àlex Gaspà et Mònica Armengol, à ce rôle.
Les affaires locales ont dominé le texte, lu par le notaire des vallées d’Ordino. Il a moqué la politique paroissiale et critiqué les modèles d’urbanisation, notant que les nouvelles constructions profitent surtout aux riches alors que les jeunes habitants peinent à rester au village. Le testament a exhorté à racheter des biens patrimoniaux plutôt qu’à louer des terrains aux fortunés, le qualifiant du meilleur investissement collectif pour l’avenir.
La dispute sur la tête d’ours – un élément du patrimoine culturel – a valu des éloges aux efforts de défense de l’Associació de Cultura Popular, qui pourraient forcer des changements législatifs du gouvernement, et des critiques à la position des consuls. « L’ours appartient au peuple », a-t-il affirmé, accusant les officiels de vivre dans un autre monde.
Les conseillers généraux d’Ordino, Berna Coma et Gemma Riba, ont essuyé des piques pour leur éloignement croissant de la paroisse et leur temps excessif passé à la capitale, ne saluant plus les locaux comme avant – « même les réverbères pleurent ». La sous-syndique générale Sandra Codina a été tournée en ridicule pour sa garde-robe, soi-disant garnie pour des apparitions aux côtés du syndic de haut calibre.
La salle Cota 1.300 a aussi été visée pour son coût de 50 000 euros aux caisses paroissiales, souvent à moitié vide ou utilisée pour des rassemblements d’amis pendant que les groupes culturels manquent de fonds. Le texte a symboliquement déclaré les associations locales entités d’intérêt culturel et appelé le conseiller aux finances Ludovic Albós à rediriger les fonds vers elles.
Les officiels publics ont reçu un avertissement final : détenir un mandat ne confère ni sagesse ni intelligence. « Soyez humbles, demandez des conseils, et peut-être cesserez-vous de braire. »
La soirée s’est achevée par l’incinération des effigies, une procession funèbre menée par le groupe des pleureuses, et un festin populaire de sardines.
Ce geste d’Ordino fait suite à la controverse à Encamp, où une figure des Carnestoltes liée au drapeau israélien a suscité des accusations d’antisémitisme. Le chef du gouvernement Xavier Espot l’a qualifié d’« erreur » mardi, confirmant la clarification de la commission des fêtes selon laquelle elle visait un politicien spécifique, et non les Juifs ou les Israéliens. L’ambassadeur d’Andorre en France a rencontré le chargé d’affaires d’Israël pour contextualiser les faits et distancier le gouvernement, qui condamne tout acte antisémite, raciste ou antireligieux. Espot a déclaré l’affaire close, notant qu’Encamp prévoit d’autres actions explicatives.
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