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Culture·

Auteurs andorrans lancent romans policiers et d’identité pour Sant Jordi

Nouveautés d’écrivains andorrans mêlant intrigues policières, traumatismes juvéniles, résilience quotidienne et histoires perdues, sur fond de lieux locaux pour la fête du livre annuelle.

Points cles

  • Laura Casanovas : *Manual d'absències*, prix Ciutat de Mollerussa, sur disparition dans paroisse andorrane.
  • Miquel Àngel Català : premier roman *Les veus del llac*, thriller YA au lac d’Engolasters sur suicide et viol.
  • Pilar Burgués : *Ametlles torrades*, 20 nouvelles légères sur vulnérabilité à Escaldes.
  • Albert Ginestà : *Atles de les ombres*, prix MoraBanc 2025, sur 20 exploits historiques oubliés.

Les auteurs andorrans se préparent pour le prochain Sant Jordi avec de nouveaux romans et recueils de nouvelles traitant du crime, de l’identité et des histoires oubliées.

Laura Casanovas fait son retour en librairie avec *Manual d'absències*, lauréat du prix Ciutat de Mollerussa récent, après son prix Carlemany il y a trois ans pour le titre jeune adulte *Les estrelles de Lilith*. Ce roman policier s’adresse à un public adulte et centre sur la disparition de Rita Campruví, une directrice de bibliothèque de 45 ans dans une paroisse andorrane générique. Les enquêteurs, le lieutenant Flix, marqué par un traumatisme d’enfance et sujet à la volatilité, et l’agent Núria, qui découvre sa grossesse en plein milieu de l’affaire, cherchent à savoir si Rita est partie de son plein gré ou si elle a été enlevée. L’histoire dresse les portraits d’une quinzaine de locaux – des jeunes adultes au chômage vivant chez leurs parents, des soignants âgés, des ados accros au jeu et des victimes de violences conjugales – en citant Mossèn Cinto Verdaguer : « Allà on tu veus lo desert, eixams de mons formiguegen. » Casanovas attribue l’abondance de détectives fictifs en Andorre à l’attrait mondial du genre, qui offre intrigue et réconfort. Plus étude de personnages que gore, malgré quelques scènes de violence, le livre interroge l’identité : « Si personne ne nous voyait, qui serions-nous ? » Influencée par Sherlock Holmes, Kurt Wallander et des duos espagnols comme Bevilacqua-Chamorro, ses protagonistes évoquent des figures locales comme Andreu Boix d’Albert Villaró. Elle a évité de reprendre le détective adolescent Pere Batlló, le réservant pour d’éventuelles suites, afin d’opter pour un flic plus bourru. Voulant explorer les angoisses des femmes d’âge mûr autour de la cinquantaine, son style dépouillé privilégie des récits captivants à un vocabulaire complexe.

Le romancier débutant Miquel Àngel Català, étudiant en droit de 20 ans originaire d’Andorra la Vella, lance *Les veus del llac* (Edicions Marinada). Il le présentera samedi à 18h30 au Restaurant Valor à Santa Coloma. Se déroulant autour du lac d’Engolasters – un lieu de jeux et de refuge de son enfance –, ce thriller jeune adulte s’ouvre sur des amis assistant à de étranges rituels la nuit de la Saint-Jean, déclenchant un traumatisme durable. Flash-forward de 15 ans pour des disparitions et des enquêtes policières, avec Júlia en vedette, qui gère le plus mal les conséquences. Català aborde des tabous de la jeunesse comme le suicide et le viol pour refléter crûment les réalités, dans l’espoir d’accrocher des ados réticents à la lecture. Des lieux andorrans emblématiques comme le Coll de la Botella y figurent en bonne place. Deux ans de révisions avec l’éditeur ont peaufiné le manuscrit.

Pilar Burgués dévoile son troisième recueil de nouvelles, *Ametlles torrades* (Editorial Andorra), le 16 avril à la bibliothèque municipale d’Escaldes-Engordany. Ces 20 « torrades », mûries comme des amandes grillées et publiées auparavant tous les deux mois dans BonDia, sont liées par des personnages récurrents, des lieux comme Escaldes et la Torre del Compte, et des thèmes de vulnérabilité surmontée par des éléments humbles – livres, arbres, amandes, amis. Plus légers que ses œuvres précédentes nées des suites du diabète (*A flaixos de llum blanca*) ou d’une évasion enfantine (*Vacances de xics*), ils mêlent autofiction et invention avec une prose plus calme, plus de métaphores, moins d’urgence. L’illustratrice Berta Oromí, autre survivante du diabète, complète l’ambiance comme auparavant. Burgués vise un plaisir tranquille chez les lecteurs, à travers des histoires simples, comme des amandes d’automne au crépuscule.

*Atles de les ombres* d’Albert Ginestà (Anem Editors), lauréat du prix MoraBanc 2025, met en lumière 20 épisodes réels et négligés, fidèlement romanisés – comme un chien sauvant une ville arctique ou une plateforme marine rouillée devenue nation. Une recherche approfondie a exhumé ces exploits oubliés, en mêlant faits et dialogues pour un attrait au-delà de l’histoire sèche. Ginestà, également musicien, prépare d’autres projets.

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