50 ans de La Bressola : jalon de l’immersion catalane célébré en Andorre
Commemoration au Centre Cultural La Llacuna en l’honneur du projet pionnier du nord de la Catalogne, avec des parallèles tracés avec l’éducation multilingue andorrane.
Points cles
- La Bressola gère 7 écoles et 2 instituts pour ~1 200 élèves avec 100 salariés, 90 % issus de foyers non catalanophones.
- Projet lancé en 1976 sous l’interdiction française de l’enseignement en catalan ; reconnu constitutionnellement avec accord de 1995.
- Événement avec vidéos d’élèves soulignant immersion en langue, histoire et liberté ; qualifié d’« oasis » et non de ghetto.
- Liens andorrans : classes obligatoires d’andorranisation dans les systèmes français/espagnols rappellent le modèle de base de La Bressola.
Le Centre Cultural La Llacuna a accueilli une commémoration marquant les 50 ans de La Bressola, un projet pionnier d’immersion en catalan dans le nord de la Catalogne, lancé en 1976. L’événement a mis en lumière les parallèles avec le système éducatif andorran, qui met l’accent sur la transmission linguistique et culturelle face à des défis similaires.
La Bressola gère sept écoles et deux instituts dans diverses municipalités, accueillant environ 1 200 élèves avec une centaine de salariés. Malgré des difficultés persistantes, dont un financement limité, les participants l’ont qualifiée de « miracle permanent » qui inspire les autres. Aleix Andreu, commissaire pour l’année anniversaire, a souligné la résilience du projet face aux épreuves : « Nous avons beaucoup ri et beaucoup pleuré... Nous pensons souvent que nous ne pourrons pas continuer, mais nous le faisons. »
La célébration a présenté une vidéo réalisée par des élèves, des enseignants et des familles, résumant l’esprit de La Bressola par le travail acharné, l’amitié, la patrie, l’histoire, la langue et la liberté. Un enseignant a déclaré que les enfants « vivent en catalan et jouent en catalan », pleinement immergés dans la culture catalane. Les familles ont salué des événements comme La Bressolada, qui réunit tous les centres pour montrer « qu’il y a plus de gens qui parlent catalan ».
Maria Cucurull, présidente de Cultura Activa, a ouvert l’événement par une observation frappante : pour la première fois dans les territoires catalanophones, les locuteurs natifs sont minoritaires. Guillem Nivet, président de La Bressola et produit du système, l’a qualifiée d’« oasis de la langue catalane » qui doit rester ouverte, et non un ghetto. Il a rappelé que 90 % des familles des élèves ne parlent pas catalan à la maison. Le projet est né alors que l’enseignement en catalan était interdit en France, mais des progrès ont suivi, dont une reconnaissance constitutionnelle et un accord de coopération signé en 1995 avec le ministère français de l’Éducation sous François Bayrou.
Rosalina Areny, enseignante de catalan au Lycée Comte de Foix en Andorre, a établi des liens directs avec l’Andorre. Elle a rappelé l’introduction en 1975 des classes d’« andorranisation » au sein des systèmes français et espagnols, antérieures au réseau national. Aujourd’hui, une formation obligatoire sur la langue, la culture et les institutions andorranes est intégrée aux trois systèmes — français, espagnol et andorran — tout en respectant leurs programmes. Areny, qui s’est formée dans une école de La Bressola, a décrit la coexistence de trois filières éducatives comme un « atout indiscutable », à condition que tous les enfants de la Principauté acquièrent des connaissances sur leur pays.
L’anniversaire s’inscrit dans des célébrations plus larges dans les zones catalanophones, soulignant les efforts partagés pour renforcer la langue par la base.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :