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Culture·

L'agriculture de montagne traditionnelle d'Andorre : des champs de seigle au déclin

L'agriculture d'altitude andorrane a autrefois nourri les communautés avec du seigle, de la vigne, du chanvre et des pommes de terre, mais des changements économiques ont conduit à son déclin au XXe siècle.

Synthese a partir de :
Bon Dia

Points cles

  • Céréales (seigle, blé, orge, avoine) étaient des aliments de base pour le pain et le bétail, prospères jusqu'au début des années 1900.
  • Vignes cultivées dès le IVe siècle, persistantes jusqu'au XIXe siècle, aujourd'hui relancées en viticulture de haute montagne.
  • Chanvre pour cordes et tissus (archives de 1751) ; tabac introduit fin XVIIe siècle, encore cultivé.
  • Pommes de terre, légumineuses, légumes dès le XIXe siècle complétaient l'agriculture face aux défis du terrain.

L'agriculture andorrane était autrefois centrée sur des cultures adaptées à son terrain de haute montagne, à ses longs hivers et à son climat rude, fournissant une subsistance essentielle aux familles locales bien dans le XXe siècle. Cependant, des changements économiques et un exode rural dès le début des années 1900 ont conduit au déclin ou à la disparition de nombreuses cultures de base.

Les céréales formaient un pilier de ce système, le seigle – très résistant au froid – se distinguant aux côtés du blé, de l'orge et de l'avoine. Ces grains fournissaient de la farine pour le pain, aliment de base du régime, tandis que l'orge et l'avoine servaient aussi à nourrir le bétail, soulignant les liens étroits entre agriculture et élevage. Des archives remontent des siècles en arrière : un document de 1346 (ASC_3910) mentionne un diacre devant du seigle à Berenguer d'Engordany. Au début des années 1900, une photographie (FGP_176) du chemin des Escàs vers Pui montre la vallée de Massana parsemée de meules de foin et de gerbes sur plus d'une douzaine de champs, avec le village, l'église Sant Iscle i Santa Victòria, Pui et le pic de Casamanya en arrière-plan – preuve d'une culture céréalière florissante.

La vigne représentait une autre culture clé, documentée dès le IVe siècle sur le site du Roc d'Enclar. Elle a perduré des siècles, comme en témoigne une vente de 1621 (CR_15542) du vignoble « camp Beneit » de Joan Bonet de Sant Julià à Bernat Call. Bien que la vigne ait disparu à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des initiatives modernes de viticulture en haute montagne ont relancé la pratique.

Toutes les cultures ne servaient pas à l'alimentation. Des champs de chanvre, essentiels pour les cordes, les tissus et les outils, apparaissent dans des archives comme une vente de 1751 (NMV_502) de « lo Canemà de Ermengol » de Miquel Riberaygua au prêtre Simó Guillemó. Le tabac est introduit à la fin du XVIIe siècle et est encore cultivé aujourd'hui. Dès le XIXe siècle, les pommes de terre (« trumfa »), les légumineuses, les légumes et les arbres fruitiers ont complété l'agriculture de subsistance, comme le notent des litiges tels que NMA_689 sur des chargements de pommes de terre et d'autres archives (ADA, 1Z47/5).

L'étude des archives, comme le souligne l'historien David Mas, révèle une agriculture façonnée par le terrain et les besoins de base. Son déclin marque de profonds changements dans le paysage, l'usage des terres et les modes de vie, les documents conservés offrant un aperçu de l'ingéniosité collective qui a soutenu les communautés andorranes.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :