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Culture·

Andorre met fin définitivement à sa participation à la Biennale de Venise pour des raisons de coûts

Le ministère de la Culture range le pavillon national au placard face à des dépenses de 500 000 € et un désintérêt croissant des artistes, privilégiant le logement social après des années de déclin.

Synthese a partir de :
Bon Dia

Points cles

  • Contraintes budgétaires : 500 000 € par cycle jugés excessifs face aux besoins en logement social.
  • Désintérêt des artistes : de 30 candidats en 2009 à 4 en 2019.
  • Pandémie et retards : absence en 2022/2024 ; retrait de l'artiste en 2019 a nui à la crédibilité.
  • Défaillances structurelles : absence de rémunération précoce, concours ouverts, pas de collection nationale d'art construite.

**Le ministère andorran de la Culture exclut tout retour à la Biennale de Venise, que ce soit de manière indépendante ou en partenariat avec Saint-Marin, au moins à moyen terme.**

Cette décision, finalisée par le ministère à l'automne dernier et entérinée par le gouvernement, résulte principalement de contraintes budgétaires. Chaque cycle de participation coûtait environ 500 000 €, répartis sur deux exercices fiscaux – une somme jugée excessive face aux besoins pressants comme le logement social, selon le directeur de la Culture Joan-Marc Joval.

Cela met fin à une longue période d'incertitude née avec la pandémie. L'Andorre a sauté l'édition 2021, reportée à 2022, les efforts de relance ayant prévalu. Le pays n'a pas participé en 2022 ni en 2024, et Joval avait déjà écarté une implication en 2026. Le projet, lancé en 2011 avec de grands espoirs après des préparatifs débutés en 2009, est désormais définitivement abandonné.

L'enthousiasme initial s'est estompé avec le temps. Un appel à artistes en 2009 avait attiré une trentaine de candidats pour le pavillon national andorran – à l'opposé des candidatures individuelles à des événements comme Kassel ou ARCO. Les éditions suivantes ont vu l'intérêt décliner : 22 candidats en 2013, 12 en 2015, sept en 2017 et seulement quatre en 2019. Le ministère a ajusté les règles de sélection pour relancer l'engagement, en vain.

Parmi les facteurs contributifs figurent l'absence de rémunération des artistes jusqu'en 2017, date à laquelle une subvention de 20 000 € couvrant salaire et coûts de production a été introduite – peut-être trop tard. Les critiques pointaient aussi le format de concours ouvert, opposant les artistes entre eux dans une compétition à enjeux. Une réforme de 2019 proposait de nommer un commissaire pour sélectionner et collaborer avec un artiste, potentiellement via des jurys externes, co-curatés ou mixtes, mais elle n'a jamais été mise en œuvre.

Ces six années d'hésitation ont érodé l'élan. Des artistes consultés par le ministère pressaient d'un retour rapide sous le nouveau modèle, mais les retards ont prévalu. Le public s'est distancié parallèlement au désintérêt des artistes, le ministère étant accusé de ne pas avoir bâti une collection nationale d'art contemporain à partir des neuf projets de Biennale.

Ces œuvres – allant de *L'efímer i l'eter* et *Ciutat flotant* de Francisco Sánchez et Helena Guàrdia (2011) à *Future is Now* de Philippe Shangti (2019) – restent largement inaccessibles. Certaines, comme *Fixats en la contemporaneïtat* de Javier Balmaseda, n'appartiennent même pas à l'État ; d'autres, telles que *Murmuris* d'Eve Ariza, n'ont jamais été exposées localement. Des occasions d'exposition nationale ou de tournées internationales ont été manquées, malgré des alternatives comme le hall de la Rosaleda.

Les premières éditions mettaient en scène plusieurs artistes (deux ou trois), diluant les ressources face à un vivier limité de créateurs capables de rivaliser au niveau de Venise – un défi structurel pour l'Andorre. Le passage à des projets uniques en 2017 est arrivé trop tard.

Le coup final est venu de la sélection 2019 : l'artiste Ahmed Keshta a été prié de se retirer avec des promesses pour 2021, avant que la pandémie ne fasse capoter les plans. Sa révélation publique de l'incident a irrémédiablement entamé la crédibilité, scellant le sort du projet après six ans de déclin.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :