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Culture·

Andorre, Espagne et France lancent une candidature UNESCO commune pour les monuments de la coprincipauté

Les trois pays ont présenté un dossier sur 12 sites pyrénéens retraçant la gouvernance unique de coprincipauté d'Andorre, avec signature prévue en janvier.

Synthese a partir de :
Diari d'AndorraBon DiaAltaveuEl Periòdic

Points cles

  • Candidature en série couvrant 10 sites andorrans comme la Casa de la Vall, plus le Château de Foix (France) et la Seu d'Urgell (Espagne).
  • Signature du dossier le 26 janv. à Paris, soumission le 31 janv. ; évaluations cet été, décision en 2027.
  • Sites restaurés pour les inspections UNESCO ; proposition pour la Seu Vella de Lérida rejetée.
  • Célèbre les paréages de 1278 et l'État andorran basé sur le consensus au milieu des conflits mondiaux.

Andorre, l'Espagne et la France ont présenté leur candidature commune au patrimoine mondial de l'UNESCO jeudi soir à la Casa de la Vall, mettant en lumière 12 monuments liés aux origines et à l'évolution de la coprincipauté de cet État pyrénéen. Intitulé « Témoins matériels de la construction de l'État pyrénéen : la coprincipauté d'Andorre », le dossier — élaboré sur sept ans à partir de 2015 — sera signé par les ambassadeurs de l'UNESCO des trois pays le 26 janvier à Paris, suivi d'une soumission officielle le 31 janvier. Des visites d'évaluation sont prévues cet été, avec une décision attendue en 2027.

La candidature en série comprend dix sites andorrans : la Casa de la Vall ; les églises de Sant Joan de Caselles, Santa Coloma, Sant Miquel d'Engolasters, Sant Martí de la Cortinada, et d'autres incluant les Bons, Pal et Nagol ; plus des sites archéologiques à Roc d'Enclar et Roureda de la Margineda. S'y ajoutent le Château de Foix en France et le complexe cathédral de la Seu d'Urgell en Espagne. Des préparatifs récents, comme des interventions à Sant Miquel d'Engolasters, une rénovation majeure à Sant Martí de la Cortinada et des améliorations au Château de Foix, ont assuré la préparation des inspections. Une proposition d'inclure la Seu Vella de Lérida a été rejetée par le comité de pilotage (COPIL) en juin dernier.

Le Syndic général Carles Ensenyat a ouvert l'événement, décrivant les monuments comme l'incarnation matérielle d'une gouvernance et d'un héritage collectif. Les institutions, a-t-il dit, appartiennent au peuple, qui doit les transmettre aux générations futures.

La ministre de la Culture Mònica Bonell a souligné le statut exceptionnel de la coprincipauté comme modèle de gouvernance unique soutenu par le consensus, et non par l'imposition. Elle a présenté les sites comme des espaces communautaires vivants et appelé à leur préservation en vue des visites estivales, notant le potentiel de la candidature à projeter mondialement l'identité dialoguante d'Andorre tout en renforçant les liens institutionnels.

Le chef du gouvernement Xavier Espot a positionné la Casa de la Vall comme le cœur des institutions andorranes, saluant la pérennité de la coprincipauté par la coopération, l'équilibre et la souveraineté partagée. Dans un contexte de fragmentation internationale, il a exprimé l'espoir qu'l'UNESCO reconnaisse ce modèle pyrénéen de construction nationale.

L'ambassadeur de France en Andorre, Nicolas Eybalin, a salué la solidité et l'originalité du dossier, le reliant aux *paréages* de 1278 et aux travaux récents à Foix, qui reflètent près de 750 ans de relations formant une nation pyrénéenne.

L'ambassadeur d'Espagne en Andorre, Carles Pérez-Desoy, a jugé le moment opportun au milieu des conflits mondiaux, présentant la coprincipauté comme un exemple moderne de négociation et de respect mutuel. L'ambassadeur d'Espagne auprès de l'UNESCO, Miquel Iceta, a fait écho à cela, la qualifiant d'histoire pluriséculaire de compromis où l'intelligence l'emporte sur la force. L'Espagne, bien que non centrale, est fière d'y participer.

Andorre compte déjà cinq inscriptions UNESCO : la vallée de Madriu-Perafita-Claror, les fêtes des feux de solstice d'été, les fêtes de l'ours, la transhumance et les murs en pierre sèche.

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