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Culture·

Blaskowitz et des officiers de la Wehrmacht en Andorre, printemps 1943

Alan Ward examine des photographies retrouvées et des archives lacunaires plaçant du personnel du groupe d'armées D en Andorre — peut-être dirigé par le général

Synthese a partir de :
Bon Dia

Points cles

  • Des photographies retrouvées par le chercheur Marc Pantebre montrent du personnel militaire allemand en Andorre au printemps 1943.
  • Alan Ward estime que l’officier photographié pourrait être le général Johannes Blaskowitz, commandant du groupe d’armées D dans le sud-ouest de la France.
  • Ward émet l’hypothèse que la visite aurait pu combiner repos, reconnaissance et propagande mise en scène, tout en soulignant le caractère spéculatif.
  • Les archives allemandes pertinentes ont été perdues en 1945 ; Ward a présenté ses conclusions aux 21es Trobades Culturals Pirinenques.

Alan Ward examine pourquoi un important contingent d’officiers allemands, dirigé par le général Johannes Blaskowitz, était présent à Pas de la Casa et Sant Joan de Caselles au printemps 1943, et ses conclusions sont troublantes.

Ward cite un passage du journal de Joseph Goebbels — « L’encre des petits États qui existent encore aujourd’hui en Europe doit être liquidée très rapidement. Cela doit être l’objectif de notre lutte : créer une Europe unie » — pour cadrer les implications possibles pour les micro-États européens comme Andorre si l’Axe avait triomphé. Il insiste sur le fait que c’est une considération contrefactuelle : les nazis n’ont pas gagné la guerre, mais il est raisonnable de se demander ce qui aurait pu se passer.

Blaskowitz n’était pas un officier subalterne. En 1943, il commandait le groupe d’armées D et était responsable de toutes les forces allemandes stationnées dans le sud-ouest de la France. Ward note qu’il est non seulement frappant que des soldats allemands aient pénétré sur le territoire neutre andorran, mais que l’officier le plus gradé de la région l’ait fait. Il n’affirme pas que Blaskowitz et son état-major avaient l’intention d’occuper Andorre, mais argue que les commandants militaires supérieurs auraient voulu inspecter toutes les parties du territoire relevant de leur compétence opérationnelle, surtout les zones où ils pourraient plus tard devoir agir.

Ward propose une hypothèse prudente : la visite aurait pu combiner repos et reconnaissance. Une vue directe d’Andorre aurait été utile si une action militaire s’était avérée nécessaire. Il souligne que c’est spéculatif mais trouve cela une explication plausible à la présence inhabituellement importante de casquettes allemandes en Andorre capturée par les photographies.

Ces photographies, exhumées quelques mois plus tôt par le chercheur Marc Pantebre, fournissent une preuve ferme que du personnel militaire allemand était en Andorre — un chapitre qui était jusqu’alors en grande partie anecdotique. Ward estime que l’officier à droite sur l’une des images est Blaskowitz, citant une ressemblance notable dans les traits du visage (nez et mâchoire proéminente) et la croix de fer portée au col, une décoration que possédait Blaskowitz. Il considère aussi la qualité professionnelle des photos compatible avec une visite mise en scène, au moins en partie, pour des organes de propagande comme Signal et Wehrmacht.

Toute trace documentaire qui pourrait éclaircir l’épisode a été endommagée : les archives pertinentes ont été perdues dans des incendies en 1945. Ward expose ces arguments dans son article *La Wehrmacht a Andorra: apunt sobre un incident curiós*, qui recense la poignée de documents graphiques survivants — à peine une demi-douzaine — qui enregistrent des visites de soldats nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’article faisait partie des présentations lors des 21es Trobades Culturals Pirinenques, tenues le 19 octobre 2024 à Olot sous le thème « Conflits dans les Pyrénées ». Un volume recueillant une quarantaine de communications de la conférence sera présenté le 10 décembre et inclut des contributions sur des sujets allant du passage des Pyrénées par Hannibal à des études sur le rôle d’Andorre dans divers conflits historiques, dont des travaux de Jordi Pasques, Oriol Olesti, Domènec Bascompte, David Mas, Meritxell Mateu et Claude Benet. La reconstitution prudente de Ward invite à une attention renouvelée sur un épisode peu connu de la guerre et les questions stratégiques plus larges qu’il soulève sur les petits territoires neutres pendant les grands conflits.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :