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Culture·

La campagne secrète de la France pour faire taire Radio Andorra

Un nouveau livre de Sylvain Athiel retrace l'ascension et la chute de la station pyrénéenne, détaillant des décennies d'efforts français pour brouiller les signaux et financer des rivaux.

Synthese a partir de :
Bon Dia

Points cles

  • Radio Andorra lancée en 1939 depuis le rocher du Puy, apogée en 1955 avec un disque dans une capsule temporelle à Paris.
  • Autorités françaises brouillent les signaux et financent des rivaux comme Sud Radio pour protéger le monopole d'État.
  • Propriétaire Jacques Trémoulet condamné à mort pour liens nazis, fuit en Espagne.
  • Station fermée en 1981 après expiration des concessions ; la France écrase un pirate en soutenant un autre.

Un nouveau livre détaille la campagne de plusieurs décennies menée par la France pour faire taire Radio Andorra, la station pyrénéenne autrefois emblématique qui émettait depuis un rocher isolé dans la Principauté.

*L'histoire secrète des grandes radios pyrénéennes* de Sylvain Athiel, publié chez Privat, retrace l'ascension et la chute de la station à travers un récit chronologique de ses figures clés et de ses épisodes marquants. Il s'appuie sur son œuvre de fiction antérieure *Aquí Radio Andorra* de 2009, pour se concentrer cette fois sur l'histoire documentée.

Radio Andorra atteint son zénith en octobre 1955, lorsqu'une capsule temporelle enterrée dans les caves du restaurant Tour d'Argent à Paris inclut un disque avec le jingle emblématique de la station : « Aquí Radio Andorra, emisora del Principado de Andorra ». Chanté par l'animatrice vedette Lydia Linares – aux côtés de Carmen del Monte, animatrices de l'historique *El concierto de los radiooyentes* –, il capture l'âge d'or de la station au milieu de 40 ans d'activité.

Les origines de la station remontent à 1925, avec la fondation de Radio Toulouse par Léon Kierzkowski et Jacques Trémoulet, le patron controversé qui dominera plus tard Radio Andorra. Les premières émissions d'essai débutent le 7 août 1939 depuis le rocher du Puy près d'Escaldes-Engordany, avec une programmation régulière à partir d'avril 1941. Les autorités françaises, soucieuses de protéger leur monopole radiophonique d'État, ciblent ces stations « périphériques » dès le départ.

Les activités de Trémoulet pendant la guerre – jonglant entre survie et liens avec les occupants nazis – lui valent une condamnation à mort pour collaboration après la Seconde Guerre mondiale, commuée par la suite. Il fuit vers l'Espagne de Franco, où il prospère sous la protection de Serrano Suñer. La France intensifie ses efforts sous la présidence de Vincent Auriol, ennemi de Trémoulet : brouillage des signaux, actions en justice et financement de rivaux. Viennent d'abord Andoradio, puis Radio de les Valls, qui évolue en Sud Radio sous l'égide de l'État via Sofirad.

La fortune de Sud Radio change avec le lancement en 1964 d'un émetteur géant au Port d'Envalira – surnommé le « Concorde des ondes ». Elle éclipse progressivement Radio Andorra, surtout après la visite de la caravane du Tour de France au rocher du Puy le 5 juillet 1964, marquant le chant du cygne de la station originelle au milieu des luttes légendaires de Jacques Anquetil à Envalira.

Lorsque les concessions accordées par le Consell General d'Andorre en 1950 expirent en 1981, les autorités imposent la fermeture le 2 avril. Radio Andorra se tait ; Sud Radio se replie à Toulouse. Athiel souligne l'ironie : la France a écrasé un « pirate » radiophonique en en créant et en soutenant un autre.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :