La Casa de la Vall d'Andorre rouvre avec un triptyque du XVIIe siècle restauré
Siège historique du Conseil général dévoile le triptyque des Consellers méticuleusement restauré et d'autres trésors après huit mois de travaux.
Points cles
- Triptyque des Consellers du XVIIe siècle restauré par Mireia García, corrigeant les repeintes de 1892/1962 et les taches d'excréments de mouches.
- Taches noires sur les jambes du Christ masquées à l'aquarelle sur le vernis originel pour éviter les dommages.
- Cadre doré rafraîchi ; panneaux intérieurs avec armes de Foix-Béarn indiquant une origine institutionnelle.
- Autres objets : pendule Empire de 2,4 m, Arche des Six Clés, statue de Sant Ermengol ; autel supprimé pour une meilleure mise en valeur.
La Casa de la Vall, siège historique du Conseil général d'Andorre, rouvre lundi après huit mois de travaux intensifs de restauration. Parmi les pièces maîtresses qui reviennent dans son oratoire figure le triptyque des Consellers du XVIIe siècle, une représentation saisissante de la Crucifixion avec Jésus-Christ sur la croix, la Vierge Marie et saint Jean à ses pieds.
L'œuvre, vraisemblablement commandée par le médiéval Consell de la Terra avant l'achat du bâtiment en 1702, a fait l'objet d'une restauration méticuleuse par la spécialiste Mireia García. Datant de la première moitié des années 1600 et antérieure à l'acquisition de la propriété, son auteur reste inconnu. Les principaux défis provenaient d'interventions antérieures en 1892 — marquées des initiales V.R.A. sur un panneau — et en 1962, lors de la grande rénovation du bâtiment. Ces efforts passés impliquaient un nettoyage inégal, une repeinte lourde et des lacunes comblées de manière inadéquate, laissant des contrastes nets sur la surface.
Un problème particulièrement inhabituel consistait en des centaines de taches noires sur les jambes du Christ et la tunique du Baptiste — excréments de mouches accumulés sur trois siècles dans l'espace de la chapelle. Les restaurateurs précédents les avaient vernis sans les enlever, emprisonnant les dépôts. Sans outils modernes comme des scalpels à l'époque, ils ne pouvaient pas traiter les taches en toute sécurité. Mireia García et le directeur de projet Eudald Guillamet ont opté contre un enlèvement risqué des couches anciennes de vernis et de peinture. Ils ont plutôt masqué subtilement les marques à l'aquarelle sur le vernis originel, parallèlement à un nettoyage de surface pour éliminer les résidus de nicotine dus à la fumée intérieure passée.
Le panneau central du triptyque se lit désormais plus clairement, son cadre doré ayant été rafraîchi. Les panneaux intérieurs des volets, visibles lorsqu'ils sont ouverts, arborent une mitre et les armes de la maison de Foix-Béarn — indices, note García, d'une commande institutionnelle plutôt que d'une pièce réemployée. Les panneaux extérieurs ont bénéficié d'un enlèvement partiel de vernis pour une patine équilibrée, tandis que le christogramme IHS a été mis en valeur.
Le triptyque est rejoint par d'autres trésors restaurés : une monumentale pendule Empire du XIXe siècle de 2,4 mètres de haut, dont le cadran ne porte ni marque ni date ; l'Arche des Six Clés, prédécesseur de l'actuel meuble et restauré par le service du patrimoine ; et la statue du saint patron Sant Ermengol. L'autel adjacent a été retiré pour libérer de l'espace, permettant à l'arche d'occuper le centre de la scène et de mieux mettre en valeur la collection.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :