L’ordre i el caos de Judit Gaset : des sphères d’eucalyptus explorent l’ordre et le chaos
À la galerie Art al Set jusqu’au 3 janvier, Gaset met en avant des sphères recouvertes d’eucalyptus à travers dessins, céramiques et sculptures pour sonder la permanence et le renouveau.
Points cles
- Exposition *L’ordre i el caos* à Art al Set jusqu’au 3 janvier.
- Motif central : sphères recouvertes d’eucalyptus en 2D et 3D (dessins, argile, porcelaine, sculptures).
- Virage par rapport aux totems et à la « grafomanie » textuelle vers un travail sculptural et pictural centré sur les feuilles.
- Thèmes : transformation cyclique, permanence, et comment la perspective modifie la perception de l’ordre et du chaos.
Trois ans après la rétrospective de 2022 à la Sala de Govern, Judit Gaset revient avec un nouvel ensemble d’œuvres construit autour de sphères recouvertes de feuilles d’eucalyptus. L’exposition, intitulée *L’ordre i el caos* (L’ordre et le chaos), est présentée à la galerie Art al Set jusqu’au 3 janvier.
La grande sphère recouverte d’eucalyptus qui avait conclu sa rétrospective de 2022 marquait un tournant dans l’imaginaire de Gaset, et la nouvelle exposition développe ce changement. Les totems qui dominaient sa phase antérieure, prolifique, ont été en grande partie abandonnés, de même que la grafomanie — ces chaînes de mots et de phrases — qui colonisaient autrefois nombre de ses pièces. Des vestiges de ces éléments subsistent : du texte apparaît occasionnellement dans certaines œuvres, et les titres de l’exposition sont souvent des lignes exubérantes, presque poétiques, comme « Dans le temple de l’infini les feuilles de printemps s’arrangent », « L’harmonie de mille feuilles recouvre ton univers » et « Le vent agite les feuilles en quête d’un ordre impossible ».
Mais le cœur de *L’ordre i el caos* est la sphère. Gaset emploie des formats bidimensionnels et tridimensionnels — dessins, céramiques en argile et porcelaine, et pièces sculpturales —, avec un dessin XXL d’une sphère et de son jeu interne de feuilles servant de pivot central à l’exposition. Les feuilles d’eucalyptus remplacent les mots comme motif principal, utilisées pour symboliser le principe universel de permanence par la transformation : les feuilles poussent, tombent, se décomposent et deviennent des nutriments qui nourrissent d’autres vies, relançant le cycle.
Quelques cubes subsistent dans l’exposition, vestige persistant d’une forme autrefois prédominante. Ces cubes ont été réinventés en contenants, chacun avec son propre arrangement de feuilles — chaque arrangement présenté comme un petit univers autonome. Les surfaces de nombreuses œuvres sont aussi recouvertes de figures géométriques et de structures vaguement architecturales qui modifient leur ordre apparent au gré du déplacement du regardeur.
Gaset conçoit la relation entre ordre et chaos comme une question de perspective. « Regardez un saule », dit-elle. « De loin, c’est un chaos inextricable de feuilles. Mais si vous vous allongez à son ombre et regardez vers le haut, vous commencez à percevoir des motifs, l’ordre secret qui relie les feuilles entre elles, elles à l’arbre et l’arbre à l’univers. » Sa conclusion est que l’ordre et le chaos sont la même chose, une intuition acquise après des années passées à poursuivre l’ordre tout en vivant au milieu du chaos. Les œuvres reflètent cette tension : des motifs émergent quand on tourne autour d’une pièce, pour se dissoudre à nouveau quand le point de vue change, puis réapparaître.
Les matériaux et formats varient dans l’exposition, mais le motif récurrent des feuilles — et l’idée de transformation cyclique qu’elles incarnent — unifie les œuvres. L’exposition traduit un virage dans la pratique de Gaset, passant d’approches textuelles et totémiques vers une investigation sculpturale et picturale de la permanence, de la perspective et du renouveau.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :