Retour a l'accueil
Culture·

Panneaux du XIIIe siècle des évêques jumeaux Peláez et Urtx inaugurés au musée d’Urgell

Le musée diocésain rénové d’Urgell expose des panneaux en bois sauvés représentant les évêques Abril Peláez et Pere d’Urtx, figures clés dans la résolution des conflits locaux.

Synthese a partir de :
Bon Dia

Points cles

  • Panneaux montrant les évêques Abril Peláez (1257, premier évêque galicien imposé par Rome) et Pere d’Urtx en parements assortis, différant seulement par la couleur.
  • Peláez résolut les scandales du prédécesseur et les factions locales ; Urtx signa les Pariatges de 1278/1288 établissant la coprincipauté andorrane.
  • Peints ~250 ans après la mort de Peláez par l’artiste sourd-muet Joanot de Pau ; sauvés des tombes lors des travaux de la cathédrale en 1915.
  • Exposés désormais dans la chapelle La Pietat pendant la rénovation du musée diocésain d’Urgell.

Deux panneaux en bois du XIIIe siècle représentant des évêques quasi jumeaux du diocèse d’Urgell sont désormais exposés dans la chapelle de La Pietat au musée diocésain d’Urgell, en cours de rénovation.

Les panneaux dépeignent les évêques successifs Abril Peláez et Pere d’Urtx, vêtus de pleines parures pontificales, avec crosses et mitres. L’un porte une chasuble vert bouteille profond, l’autre une rouge vif. Presque identiques d’apparence – ne différant que par la couleur des vêtements et l’état de leurs supports en bois –, ces figures ont été sauvées des tombes en bois juste avant leur destruction lors des premiers travaux de restauration de la cathédrale vers 1915.

Abril Peláez, investi en 1257, revêt une importance historique comme premier évêque galicien connu d’Urgell et premier imposé par la curie romaine. Il arriva pour apaiser les tensions liées à la déposition de son prédécesseur Ponç de Vilamur au milieu de scandales – réels ou fabriqués par les agents du comte de Foix –, qui avaient divisé les chanoines et attiré le soutien des troupes du vicomte de Vilamur. Le différend avait même forcé le prominent dominicain Ramon de Penyafort à chercher refuge au château de Castellciutat sous la protection du comte de Foix. Étranger aux factions locales, Peláez instaura un pontificat plus paisible.

Son successeur, Pere d’Urtx, est célèbre pour avoir signé les Pariatges – deux arbitrages en 1278 et 1288 qui mirent fin à de nouveaux conflits avec les comtes de Foix et posèrent les bases de la coprincipauté andorrane. En 1284, six ans après le premier Pariatge, il fit construire la chapelle de Sant Salvador au pied de la tour du transept nord de la cathédrale à La Seu d’Urgell. Deux ans plus tard, il fit une pieuse donation pour les âmes de lui-même et de Peláez, avec qui il entretenait de forts liens. Leurs dépouilles furent inhumées dans des tombes séparées là-bas, aujourd’hui baptistère de la cathédrale. Le tombeau monolithique en granit de Peláez se dresse à l’entrée du musée, marqué de sa date de décès, bien qu’il soit vide.

Quelque 250 ans après la mort de Peláez, les chanoines d’Urgell commandèrent de nouveaux tombeaux en bois pour honorer les deux évêques. Ils firent appel à Joanot de Pau, peintre sourd-muet de Cervera dont l’épouse gérait les négociations – malgré son propre scandale de tenancière d’une maison de barrets sans licence. Actif en Segarra, Solsonès et vallée de Vansa, Pau peignit les panneaux si identiquement que les experts d’aujourd’hui ne peuvent distinguer lequel représente quel évêque.

Récupérés in extremis, ces panneaux mettent en lumière les rôles pivots des évêques dans l’histoire d’Urgell et les origines de l’Andorre, désormais préservés au milieu du renouvellement du musée.

Partager l'article via

Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :