Première carte andorrane par l'autochtone Antoni Puig révélée dans un manuscrit de 1797 du Politar
Un croquis inédit de 1797 par Antoni Puig — la plus ancienne carte connue tracée par un Andorran — a été restauré et déposé à la Nationale.
Points cles
- Croquis dans le Manual Digest de les Valls de Andorra de Puig (1797), révision de son Politar Andorrà de 1764.
- Première carte des Valls Neutres signée par un Andorran ; carte antérieure notable par l’ingénieur français Nicolas Lengelée (vers 1774).
- Brouillon avec erreurs d’orientation et de coordonnées mais localisation précise de nombreux villages, ponts et bordes.
- Manuscrit passé aux rayons X, restauré, déposé à l’Archive nationale et consultable en ligne ; découvertes à présenter au Consell General.
Parmi les curiosités du volume du Politar que le collectionneur Jordi Alcobé a prêté au Consell General en mars figure une carte inédite tracée par Antoni Puig — la plus ancienne carte connue d’Andorre produite de la main d’un autochtone. La feuille apparaît comme un croquis dans un manuscrit que Puig intitule Manual Digest de les Valls de Andorra, daté de 1797 ; ce manuscrit est en réalité une troisième version du Politar Andorrà de Puig, composé à l’origine en 1764. L’historien Francesc Rodríguez a passé le volume aux rayons X et présentera ses découvertes au Consell General. Le manuscrit a été restauré et déposé à l’Archive nationale, où il est consultable en ligne.
Le croquis est significatif pour trois raisons. C’est la première carte des Valls Neutres signée par un Andorran ; les cartes antérieures des vallées ont été produites par des étrangers, notamment la Carte géographique de la Vallée d’Andorre par l’ingénieur français Nicholas Lengelée vers 1774. Il s’agit probablement du brouillon utilisé par Puig et le commanditaire Francisco de Zamora lorsqu’ils ont gravi le Casamanya en septembre 1788 pour affiner la carte définitive, plus détaillée, qui est aujourd’hui conservée à Madrid avec le dossier de voyage de Zamora. Et il n’avait pas été vu publiquement avant le dépôt récent du Politar par Alcobé, qui a révélé le croquis dans la révision de 1797.
En tant que brouillon de travail, la carte est grossière et comporte des erreurs notables. Rodríguez note qu’elle est désorientée : Puig place le « ponent » (ouest) au sud et le « tremuntana » (nord) à l’ouest, et la rose des vents situe le nord à l’ouest. La feuille montre aussi une confusion entre latitude et longitude et place le comté de Foyx (orthographié avec un y) dans une position arbitraire. Ces inexactitudes marquent Puig comme un cartographe bien intentionné mais approximatif ; les erreurs sont corrigées dans la version finale.
Le croquis traite sommairement le côté espagnol de la frontière — seuls Arcavell, Civís, Ministrell et Aós y figurent — et omet totalement la vallée du Segre. En revanche, la carte de Madrid détaille l’itinéraire de la Seu à Puigcerdà et accorde une plus grande attention au côté français, une zone d’intérêt particulier pour Zamora. La rivière Valira elle-même n’est pas nommée sur le croquis de Puig.
Malgré ses lacunes, la feuille est remarquablement précise pour localiser les villages, quartiers, hameaux, ponts et bordes. Les villages et lieux représentés incluent Sant Julià, Masdelins, Fomtaneda, Canòlich, Canillo, la Costa, Ransol, Sol‑Deu, Vila, Encamp, les Cortals, Meritxell, Ordino, Ansalonga, la Cortinada, Llorts, Entremesaigües, Ràmio et Fontverd, entre autres. De petites particularités soulignent son caractère de brouillon : une localité nommée Solana sur la carte de Zamora apparaît comme Devessa (avec deux s) sur la feuille de Puig, et la page est rapiécée de fragments de papier là où l’espace original a manqué, les annotations continuant sur les réparations.
Au-delà de ces défauts particuliers, la valeur principale du croquis est claire : c’est la première carte d’Andorre tracée par un natif des vallées. Elle peut manquer de la précision cartographique et de la méthode scientifique de l’œuvre de Lengelée, mais elle offre une image reconnaissable et informative du pays à la fin du XVIIIe siècle et de la perception qu’en avaient ses principaux notables locaux.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :