La romancière Sandra Miralles critique l'échec de la science-fiction à imaginer des femmes libres
À la bibliothèque d'Encamp, Miralles déplore le retard de la SF dans la représentation d'une égalité totale des femmes, citant Barbarella, Poor Things et le test de Bechdel.
Points cles
- La SF peine à imaginer des mondes de vraie liberté féminine malgré ses thèmes utopiques.
- Louanges pour l'indépendance de Barbarella et le rejet féministe de La Fiancée de Frankenstein.
- Critique des films Wonder Woman qui diluent le tranchant de l'héroïne amazonienne et des échecs au test de Bechdel.
- Appel à des changements plus profonds alors que la réalité reflète les dystopies de SF.
Sandra Miralles, romancière connue pour des titres comme *Turbolover de Neobarna*, abordera la représentation des femmes en science-fiction ce samedi à 11 heures à la bibliothèque municipale d'Encamp.
Miralles estime que la science-fiction n'a pas encore su dépeindre un monde où les femmes jouissent d'une liberté totale et d'une égalité complète avec les hommes. « Nous ne sommes même pas capables d'imaginer un monde où les femmes sont vraiment libres », a-t-elle déclaré, soulignant les limites du genre malgré ses thèmes utopiques.
Elle met en avant quelques personnages qui s'en approchent. Barbarella, du film de 1968, explore l'espace de manière indépendante et s'engage librement dans des relations. Le récent *Poor Things* aborde la libération sexuelle mais néglige les autres formes de liberté, note Miralles. Elle loue *The Bride of Frankenstein* (1935), réalisé par James Whale, comme étonnamment féministe : la fiancée rejette son prétendant monstrueux, défiant le dessein de ses créateurs. Whale, réalisateur ouvertement gay, a réalisé cela au milieu d'images pop réductrices, comme des cartes de la Saint-Valentin mettant en scène les monstres.
Les progrès sont inégaux. *The Substance* de Coralie Fargeat offre un regard féminin frais, tandis que les récents films *Wonder Woman* transforment l'héroïne amazonienne indépendante des comics – aux accents lesbiens sadomasochistes – en pamphlet hétérosexuel. La série *The Power*, où les femmes acquièrent des pouvoirs de génération d'électricité et déclenchent une révolution mondiale, n'a duré qu'une saison, ce que Miralles juge significatif.
Ses réflexions sont en partie inspirées de *Back to the Future Part II* (1989), où le personnage de Michael J. Fox reste inchangé, mais l'héroïne féminine est remplacée et mise en retrait pendant une grande partie du film.
Miralles évoque le test de Bechdel, qui exige au moins deux personnages féminins nommés discutant d'autre chose que des hommes. « C'est incroyable combien de films échouent à ce critère de base », a-t-elle dit.
Un changement plus profond est essentiel, exhorte-t-elle, surtout alors que la réalité imite les dystopies de science-fiction. « Il nous faut des transformations profondes, et pas seulement dans ce domaine. »
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :