L'IPC andorran de mars atteint 4,1 %, plus haut niveau en deux ans sur fond de flambée des carburants
Les coûts de transport et de logement explosent avec les hausses mondiales du pétrole, dépassant l'inflation en Espagne et en France alors que les résidents serrent la ceinture.
Points cles
- IPC andorran de mars à 4,1 %, plus haut en deux ans, contre 3,1 % en février
- Hausse des carburants tire transport et logement vers le haut due aux pics pétroliers mondiaux
- Inflation supérieure aux 3,3 % espagnols et 1,7 % français, budgets des résidents sous tension
- Réduction des dépenses en alimentation, carburant et chauffage face à la hausse des prix
L’indice préliminaire des prix à la consommation (IPC) d’Andorre pour mars a grimpé à 4,1 %, le niveau le plus élevé en deux ans, les prix des carburants en forte hausse se répercutant sur les coûts de transport et de logement.
Le Département des statistiques a publié cet indicateur avancé mercredi, basé sur 98 % des produits surveillés. Ce chiffre provisoire marque une hausse d’un point par rapport aux 3,1 % de février et reflète une augmentation mensuelle de 2,1 %. Le transport a enregistré les progressions les plus marquées, suivi des catégories logement comme l’eau, le gaz, l’électricité et autres combustibles – beaucoup de foyers andorrans se chauffent au fioul. Les vêtements et chaussures ont aussi affiché des hausses mensuelles significatives. Cette escalade provient des pics des prix mondiaux du pétrole après les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, qui ont rapidement renchéri l’essence et le gazole dans les stations locales. La forte dépendance aux importations et l’usage du fioul en Andorre ont accentué la pression sur ces composantes de l’IPC.
Ce taux dépasse ceux des pays voisins. L’indicateur avancé de l’IPC espagnol pour mars s’élève à 3,3 %, en hausse d’un point malgré une baisse temporaire de la TVA sur les carburants. Celui de la France est à 1,7 %, en progression de 0,8 point sur un mois.
Les résidents ressentent la pression. Les consommateurs signalent des budgets plus serrés, optant pour des produits de marque distributeur, des protéines moins chères comme le poulet plutôt que des viandes ou poissons plus coûteux, et des repas faits maison au lieu de sorties au restaurant. L’un d’eux indique qu’un panier à moitié plein coûte désormais 40 euros, contre des chargements plus copieux avant. Les automobilistes notent qu’il faut 75 euros pour faire le plein au lieu de 50, incitant certains à acheter en Espagne. Les locataires et emprunteurs immobiliers s’inquiètent des ajustements annuels ; une vendeuse de 34 ans emporte son déjeuner tous les jours pour faire face, tandis qu’un père de famille de 52 ans a réduit le chauffage et les restaurants. Des étudiants en colocation disent que le logement absorbe près de la moitié de leurs revenus dans cette conjoncture.
L’inflation andorrane dépasse celle des voisins en partie en raison de besoins accrus en importations, d’une croissance salariale plus forte et d’un poids disproportionné des combustibles dans l’IPC. C’est le taux le plus élevé depuis mars 2024. Les données définitives sont attendues le 13 avril.
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