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Economie·

Les leaders du commerce andorran appellent à reconquérir l'identité unique face à l'homogénéisation mondiale

Des commerçants historiques andorrans, lors d'un événement de la CCIS, prônent agilité et marque distinctive pour contrer la mondialisation, en s'inspirant d'un livre sur la maison pionnière Casa Cintet.

Points cles

  • Table ronde CCIS lance un livre sur Casa Cintet, soulignant la persévérance des commerçants de 1854-1945.
  • Dirigeants de firmes historiques comme Marquet Gourmeterie et Maison Roca évoquent adaptation à l'e-commerce, réseaux sociaux et concurrence post-2012.
  • Regrets sur la perte du commerce singulier andorran, appel à bâtir des marques et à plus d'agilité face aux standards mondiaux.
  • Résilience historique vue comme leçon clé pour pénuries et mutations actuelles.

La Chambre de commerce andorrane (CCIS) a organisé lundi une table ronde avec des dirigeants d’entreprises commerciales historiques, qui ont appelé à reconquérir l’identité commerciale de l’Andorre face aux effets homogénéisants de la mondialisation, lors du lancement d’un livre sur Casa Cintet.

Le président de la CCIS, Josep Maria Mas, a ouvert l’événement en soulignant le soutien de la chambre à l’ouvrage *Casa Cintet, del comerç* de Daniel Fité, qui s’appuie sur des archives de 1854 à 1945 pour mettre en lumière la persévérance des premiers commerçants dans l’approvisionnement de leurs clients. Il a associé ce retour historique aux témoignages de quatre intervenants : Jordi Marquet de Marquet Gourmeterie ; Ton Armengol de Casa dels Tabacs ; Susanna Roca, directrice générale de Maison Roca-Granja Roca Grup ; et Cristina Palmitjavila, directrice générale de Grup Quars.

Animée par le journaliste Quim Barceló, la discussion a porté sur les stratégies d’adaptation, l’évolution des profils clients et les orientations futures. Mas a rappelé que les commerçants d’antan faisaient face à de lourds obstacles bureaucratiques, comme les quotas d’importation sur le sucre, les alcools et le tabac imposés par les autorités des pays voisins en raison de régimes différents. Il a opposé cela aux défis actuels, comme la concurrence accrue depuis l’ouverture économique de 2012, et plaidé pour plus d’agilité.

Les intervenants ont fait écho à ce besoin de réactivité rapide. Palmitjavila a décrit le passage de l’électronique – autrefois dominante – à la mode et aux services au fil de l’évolution de la demande. Roca a retracé l’histoire de l’entreprise familiale, de la production de yaourts dans les années 1940 à l’alimentation et l’électronique, puis à la bijouterie, notant que les clients d’aujourd’hui exigent des répliques immédiates des produits vus sur les réseaux sociaux, comme ceux portés par Bad Bunny. « Nous devons construire notre propre marque pour qu’elle soit reconnue ; si ce n’est pas sur les réseaux, ça n’existe pas », a-t-elle déclaré.

Marquet a déploré la perte d’unicité : « Je trouve plus d’identité dans l’héritage de Casa Cintet que dans le commerce d’aujourd’hui – nous avons laissé entrer trop d’éléments extérieurs et cessé d’être singuliers. » Armengol s’inquiète des rues commerçantes standardisées, semblables à celles de Paris, Madrid ou Rome, qui érodent les spécificités andorranes. Il a évoqué les foules des années 1970 en quête de tabac international exclusif, introuvable ailleurs.

Les participants ont salué les efforts du gouvernement pour un tourisme haut de gamme, mais ont insisté sur la nécessité d’une amélioration interne préalable, citant le commerçant Paco Saludes : une offre de qualité attire des visiteurs de qualité. Mas a présenté le livre comme un outil d’apprentissage, démontrant que la résilience historique apporte des leçons pour affronter les pénuries et mutations du marché actuels.

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