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Economie·

Cour des comptes d’Andorre critique le gouvernement sur heures sup’, intérimaires et budgets

Le rapport de la Cour des comptes sur 2024 révèle des failles organisationnelles, des violations sur les heures supplémentaires de 73 agents, des intérimaires illégaux et 4,23 M€ de modifications budgétaires en fin d’année. Le gouvernement invoque des cas exceptionnels.

Points cles

  • 73 agents publics ont dépassé les limites d’heures supplémentaires en 2024, 3 plus de 300 h.
  • Embauches répétées d’intérimaires violant l’article 109 de la loi sur la fonction publique.
  • 4,23 M€ de modifications budgétaires approuvées fin d’exercice.
  • Retards d’audits pour le Forum national de la jeunesse, communes et autres entités.

La Cour des comptes d’Andorre a critiqué le gouvernement pour les heures supplémentaires excessives des agents publics, les embauches répétées de personnel intérimaire en violation des lois sur la fonction publique, et les modifications budgétaires approuvées à la veille des échéances de fin d’exercice.

Dans son rapport sur l’exercice 2024, publié cette semaine, l’organisme de contrôle indépendant a signalé 73 agents publics ayant dépassé les limites d’heures supplémentaires fixées par les règlements de rémunération. Trois employés ont cumulé plus de 300 heures supplémentaires, 12 entre 200 et 300, 27 entre 150 et 200, et 31 entre 120 et 150. La cour a qualifié ces dépassements de signes de faiblesses organisationnelles et d’inefficacités, en contradiction avec les règles en vigueur.

Le gouvernement a répondu dans ses observations en invoquant la deuxième disposition additionnelle de la loi concernée, qui autorise les dépassements dans des cas exceptionnels et justifiés. Il a indiqué que ces heures avaient été approuvées par le secrétaire d’État ou le directeur du département compétent.

La Cour des comptes a également mis en lumière la reconduction en 2025 de personnel intérimaire de 2024 pour des besoins urgents, en violation de l’article 109 de la loi sur la fonction publique. Les responsables ont justifié cette pratique comme nécessaire pour assurer la continuité des services compte tenu des charges de travail et des contraintes de ressources, mais la cour a rejeté cet argument.

Sur le plan budgétaire, le rapport a relevé des modifications totalisant 4,23 millions d’euros approuvées à proximité de la fin d’exercice, alors que les engagements initiaux manquaient d’allocation budgétaire suffisante, ce qui pourrait violer les lois sur les finances publiques. Il a aussi pointé des virements de crédits d’un montant de 5,49 millions d’euros qui ont réduit des crédits d’investissement auparavant augmentés, et 3,12 millions d’euros qui ont amputé des crédits de fonctionnement après des hausses antérieures.

L’exécutif a répliqué que le ministère des Finances suit de près l’évolution budgétaire, a déjà bloqué des fonds pour couvrir les écarts, et applique une interprétation moins stricte que celle de la cour. Il a ajouté que la loi de finances 2026 modifie les règles sur les finances publiques pour clarifier les critères et éviter les problèmes de gestion.

La Cour des comptes a par ailleurs signalé des retards dans les audits d’entités telles que le Forum national de la jeunesse, l’Institut national du logement, Ramaders d’Andorra, les communes d’Ordino et de Sant Julià de Lòria, et les quarts, dus à des soumissions tardives de comptes. Ces audits figureront dans les rapports de l’an prochain au Conseil général.

Ces constats soulignent des préoccupations persistantes sur l’accumulation d’intérêts et les ajustements fiscaux de fin d’année, la cour appelant à des contrôles plus stricts pour maintenir la discipline budgétaire.

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