Jeune berger Pep Naudi gère 1 500 moutons dans les montagnes de La Massana
Un Andorran de 26 ans lance une grande opération ovine au milieu des célébrations de la transhumance. Les élus investissent dans les infrastructures et les programmes pour pérenniser le secteur et attirer les jeunes.
Points cles
- Pep Naudi, 26 ans, gère 1 500 moutons depuis Sispony vers Arans et Setúria.
- Cérémonie de bénédiction à Setúria met en valeur la transhumance, patrimoine Unesco depuis 2023.
- Autorités investissent 40 000 € dans les installations bovines et prévoient une rénovation de cabane.
- Ministre Casal promeut un vivier de bergers et des financements pour renouveler les générations.
Pep Naudi, berger de 26 ans originaire de la paroisse de La Massana, a commencé à gérer un troupeau d’environ 1 500 moutons cet été dans les montagnes de la paroisse, en partant de sa ferme de Sispony où ses propres 50 animaux passent l’hiver. Avec l’arrivée des beaux jours, il les conduira à Arans puis à Setúria, rejoignant quelque 300 bovins et chevaux dans la zone.
Le rôle de Naudi a été inauguré lors de la cérémonie annuelle de bénédiction de Setúria, samedi au Serrat de l’Esmaligat, ouverte au public pour mettre en valeur la tradition pastorale. L’événement a comporté une bénédiction par un prêtre, un défilé d’animaux à travers le centre de La Massana pour présenter la transhumance – reconnue patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2023 – et un repas populaire avec des produits locaux : viande des Ramaders d’Andorra, saucisses de Cal Jordi, coca masegada de Forn Xamba, mató de Casa Raubert et miel de Pastador. Les animations du soir se sont poursuivies à Pal avec un événement burgers ouvert au public.
Les autorités ont profité de l’occasion pour réaffirmer leur soutien au secteur primaire face aux défis du renouvellement générationnel. Le sous-consul de la paroisse Roger Fité a remis des bérets commémoratifs aux bergers et a salué l’initiative de Naudi, d’autant que la bergère Rosa Vidal – parfois appelée Rosa Tomàs dans certains comptes rendus –, active depuis plus de 40 ans avec les bovins, approche de la retraite. « Nous avons cru en lui », a déclaré Fité à propos de Naudi, ajoutant qu’un succès pourrait en faire une figure clé pour les troupeaux de Massana. L’accès routier de la paroisse permet à Naudi de rentrer chez lui chaque soir, un atout majeur.
Fité a détaillé les investissements récents de la paroisse dans les installations pour bovins de Setúria, dont une tranchée de 700 mètres coûtant environ 40 000 € pour amener l’électricité et la fibre optique à la cabane du berger. Le comú gère les travaux avec son propre personnel et son matériel en raison de la pénurie d’entreprises, avec un projet de rénovation complète de la cabane l’an prochain pour offrir des conditions modernes et dignes aux futurs bergers. « Notre engagement pour le secteur pastoral est total », a-t-il affirmé, en insistant sur l’aide via les investissements et les infrastructures.
Le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage Guillem Casal a qualifié le pastoralisme en montagne de exigeant, nécessitant un soutien administratif constant. Il a mis en avant les aides en cours, comme le financement gouvernemental pour les bergers au refuge de Comapedrosa et la collaboration pour le repas de l’événement. Pour assurer la viabilité et attirer les jeunes, Casal a souligné l’importance des mesures économiques et fait le point sur un vivier de bergers lié au centre d’élevage Bruna d’Andorra. Le budget de cette année prévoit des fonds, avec des cahiers des charges en préparation pour choisir un site ; il fournirait des bergers remplaçants pour maladies, absences ou vacances.
La famille de Naudi élevait auparavant des bovins mais s’était tournée vers le tourisme face aux difficultés, avant que lui ne revienne après la pandémie en optant pour les moutons. « Il faut essayer les choses », a-t-il dit. « La montagne est reconnaissante du pâturage, même s’il lui faut plus d’eau. » Il apprécie le métier – « les moutons sont la meilleure partie » – mais alerte sur ses exigences : longues heures, débuts matinaux et imprévus. « J’encourage quiconque aime ça à essayer, mais il faut que ça lui convienne. »
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