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Economie·

Le professeur de NYU Johannes Stroebel remporte le prix international Calvó Armengol en Andorre

Ce professeur de finance reçoit les 30 000 € du prix bisannuel pour ses études pionnières sur l’impact des réseaux sociaux sur les résultats économiques. Son travail met l’accent sur les liens interclasses pour une plus grande mobilité et cohésion sociétale.

Points cles

  • Les recherches de Stroebel montrent que des liens sociaux plus forts entre riches et pauvres favorisent la mobilité économique via emplois, ressources et aspirations.
  • Il a développé l’indice de connexion sociale (SCI) à partir de données Facebook pour le commerce, l’investissement, l’urbanisme et le suivi des maladies.
  • Le prix honore l’héritage de Toni Calvó Armengol ; doté de 30 000 € pour les économistes de moins de 40 ans.
  • Remis par le chef du gouvernement andorran Xavier Espot au Centre de congrès.

Johannes Stroebel, professeur de finance à la Stern School of Business de l’université de New York, a reçu le neuvième prix international Calvó Armengol mardi au Centre de congrès d’Andorre-la-Vieille. Remis par le chef du gouvernement Xavier Espot et soutenu par la Barcelona School of Economics, ce prix récompense les recherches pionnières de Stroebel sur la manière dont les connexions sociales, les croyances et les interactions interpersonnelles façonnent les résultats économiques et financiers.

Lors de la cérémonie, Stroebel a présenté ses travaux sur la « connectivité économique », qui examine les liens entre personnes de milieux socio-économiques différents. Ses études montrent que les sociétés où les liens entre riches et pauvres sont plus forts affichent des niveaux plus élevés de mobilité économique, offrant aux familles à faible revenu de meilleures chances d’améliorer leur situation au fil du temps. Ces relations donnent accès à des emplois, des ressources, des informations et des aspirations élargies, comme la connaissance des options d’enseignement supérieur, des bourses ou des parcours professionnels.

Pour mesurer ces dynamiques, Stroebel a développé l’indice de connexion sociale (SCI), un ensemble de données tiré des connexions Facebook qui suit les liens sociaux à travers les régions. Cet outil trouve des applications dans des domaines comme les flux commerciaux, les décisions d’investissement, l’urbanisme et la propagation des maladies.

Stroebel a mis en avant les facteurs favorisant les amitiés interclasses, comme les espaces partagés tels que les écoles, les universités, les églises et les activités communautaires. Il a toutefois noté des obstacles, dont les institutions privées ségréguées et les différences linguistiques, particulièrement pertinentes dans des sociétés multilingues comme Andorre. Partager simplement des environnements ne garantit pas les liens, a-t-il dit, soulignant la nécessité de mesures comme les uniformes scolaires ou des interactions structurées en début d’université.

Il a salué l’influence de l’économiste andorran Toni Calvó Armengol, dont le prix bisannuel – doté de 30 000 € et destiné aux économistes ou scientifiques sociaux de moins de 40 ans – porte le nom. Professeur à l’université autonome de Barcelone et à la Barcelona School of Economics, Calvó Armengol est mort en 2007 à 37 ans. Stroebel a qualifié de « véritable honneur » la réception de ce prix, notant comment les travaux théoriques de Calvó Armengol sur les effets économiques des réseaux sociaux ont façonné sa pensée et trouvé un solide soutien empirique.

Espot a décrit le prix comme un symbole d’excellence scientifique et de savoir au service de la société, renforçant les liens d’Andorre avec le monde académique global. Il a salué les recherches de Stroebel pour avoir révélé comment les réseaux humains sous-tendent les modèles économiques, aidant à créer des sociétés plus cohésives, résilientes et prospères dans un monde globalisé.

Le jury comprenait les professeurs Antonio Cabrales (université Carlos III de Madrid), Melissa Dell (université de Harvard), Benjamin Golub (université Northwestern) et Joan Llull (IAE-CSIC et Barcelona School of Economics).

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