L'Andorre voit son pouvoir d'achat augmenter et la pauvreté diminuer selon l'enquête 2025
L'enquête sur les conditions de vie 2025 révèle une hausse de 10 % des revenus et une baisse des taux de pauvreté, grâce aux augmentations du salaire minimum et aux bus gratuits, malgré une légère hausse de la privation et des inégalités.
Points cles
- Revenu disponible moyen +10 % à 41 085 €, médian +2,2 % à 29 505 €
- Taux de pauvreté à 13,3 % contre 16,4 % ; propriété à 38,6 %
- Inégalité accrue avec Gini à 40,2 contre 38,4
- Privation matérielle sévère à 7,3 % ; taux AROPE à 19,8 %
L’enquête andorrane sur les conditions de vie de 2025, basée sur des données de 2024, fait état d’une hausse des revenus des ménages et d’une baisse des taux de pauvreté, accompagnée d’une légère augmentation de la privation matérielle et des inégalités.
Le Departament d’Estadística a enregistré, dans son Enquesta de Condicions de Vida, un revenu disponible équivalent moyen par unité de consommation de 41 085 €, en hausse de 10 % par rapport à 37 335 € l’année précédente. Le revenu médian a progressé de 2,2 % pour s’établir à 29 505 €. Ces gains ont dépassé l’augmentation de l’indice des prix à la consommation de 2024, qui était de 2,7 %. La ministre de l’Économie, de la Présidence, de l’Emploi et du Logement, Conxita Marsol, a attribué ces avancées à des mesures comme les hausses du salaire minimum au-dessus de l’inflation et les transports publics gratuits, qui ont renforcé le pouvoir d’achat et atténué les pressions sur les coûts du logement.
Les taux de pauvreté ont continué de baisser. Le taux de risque de pauvreté – en deçà de 60 % du revenu médian, soit 17 703 € – a chuté de 3,1 points de pourcentage pour s’établir à 13,3 % contre 16,4 %. La pauvreté relative (moins de 50 % du médian, 14 752 €) est tombée à 7,7 % contre 8,8 %, tandis que la pauvreté sévère (moins de 40 %, 11 802 €) a reculé à 4 % contre 4,2 %.
Les indicateurs du logement montrent des progrès modestes. Le taux de propriétaires a augmenté de 2,7 points pour atteindre 38,6 %, les locataires reculant à 61,4 % contre 64,1 %. La part des locataires en surcoût de logement – dépensant plus de 40 % de leurs revenus en logement – a glissé à 12,7 % contre 13 %. Au total, 8,7 % de la population subit un surcoût de logement, contre 9,4 % auparavant.
Les inégalités de revenus présentent des résultats mitigés. Le ratio S80/S20, qui oppose les 20 % les plus riches aux 20 % les plus pauvres, s’est amélioré de 7,1 à 6,6. Pourtant, le coefficient de Gini a grimpé de 38,4 à 40,2, signalant une plus grande disparité dans la répartition des revenus. Sans prestations sociales ni pensions, le Gini atteint 49,1.
Des défis persistent dans d’autres domaines. La privation matérielle sévère, qui mesure l’incapacité à se payer au moins quatre des neuf biens essentiels, a augmenté à 7,3 % contre 5 %. Le taux AROPE – combinant risque de pauvreté, privation sévère et faible intensité de travail – a légèrement progressé à 19,8 %, soit près d’une personne sur cinq. La part des ménages qui arrivent facilement à boucler les fins de mois est tombée à 66,6 % contre 68,6 %.
Les ménages monoparentaux avec personnes à charge sont les plus exposés : 37,1 % au risque de pauvreté, 18 % en privation sévère et 62,1 % en difficulté pour couvrir les dépenses mensuelles.
Le seuil de pauvreté andorran de 17 703 € dépasse ceux de l’Espagne voisine (13 445 €) et de la France (14 275 €). Selon les critères locaux, le taux de risque de pauvreté andorran de 13,3 % reste inférieur à celui de l’Espagne (19,5 %) et de la France (16,3 %).
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