Les partis andorrans proposent des amendements majeurs aux projets de loi sur la justice, la protection des données et la réforme pénitentiaire
Demòcrates et Ciutadans Compromesos veulent une nouvelle supervision des données judiciaires sous l'égide du CSJ, tandis que tous les grands partis plaident pour des détentions préventives plus courtes, des règles médicales plus strictes et des procédures accélérées face aux retards judiciaires.
Points cles
- Demòcrates et Ciutadans Compromesos proposent un nouvel organe affilié au CSJ pour remplacer l'APDA dans la supervision des données judiciaires.
- Tous les grands partis veulent raccourcir les détentions préventives : Demòcrates jusqu'à 9 mois pour les mineures/21 pour les graves ; PS encore plus courtes.
- Les amendements incluent des règles plus strictes pour les traitements médicaux non consentis et des procédures pénitentiaires accélérées face aux retards.
- Concòrdia pousse pour une réduction de la conservation des données à 10 ans et des garanties contre la surmédication.
**Titre :** Les partis andorrans proposent des amendements à plusieurs projets de loi sur la justice, les données et les prisons **Résumé :** Dans le cadre des travaux parlementaires en cours, Demòcrates et Ciutadans Compromesos (CC) plaident pour un organe dédié à la supervision des données judiciaires, tandis que tous les grands partis proposent des modifications à un projet de réforme pénitentiaire, incluant des détentions préventives plus courtes et des règles plus strictes sur les traitements médicaux. Des discussions séparées avancent sur les sanctions des commissions d'enquête parlementaires.
**Corps :** Les groupes parlementaires ont soumis de nombreux amendements à plusieurs projets de loi relatifs à la justice en discussion, notamment des réformes sur le traitement des données personnelles en matière pénale et sur les règles pénitentiaires, alors que la période d'amendements se clôture sur les textes principaux.
Demòcrates et CC, partis soutenant le gouvernement, proposent de remplacer l'Agence de protection des données andorrane (APDA) par une nouvelle Comissió de Protecció de Dades Jurisdiccionals relevant du Consell Superior de la Justícia (CSJ) pour superviser le traitement des données dans les enquêtes pénales, les poursuites et les menaces à la sécurité publique. Cela rejette l'article 42 du projet initial. CC souhaite une autorité indépendante dotée de la personnalité juridique, avec un membre chacun du CSJ, du ministère gouvernemental et de l'APDA, qui désigneraient un président. Demòcrates préfère un organe affilié au CSJ avec deux représentants du CSJ, un magistrat du Tribunal Superior, un juge du Tribunal de Corts, un batlle et un procureur, axé sur la supervision, la sensibilisation et le contrôle. CC a soumis 82 amendements techniques dans un document de 120 pages, tandis que Demòcrates en a ajouté d'autres. Concòrdia a proposé de réduire la conservation des données judiciaires de 30 à 10 ans ; Andorra Endavant n'en a soumis aucun. Les négociations en commission détermineront l'issue.
Séparément, les partis ont présenté des modifications à un projet de loi qualifié modifiant les normes pénitentiaires et pénales. Les 11 amendements de Demòcrates visent des réductions plus importantes des détentions préventives que le projet gouvernemental, qui raccourcit déjà les périodes initiales à un maximum de huit mois pour les infractions mineures (quatre plus quatre) et jusqu'à 20 mois pour les cas graves comme l'homicide ou le trafic de stupéfiants via des prolongations. Demòcrates cible la phase de jugement, proposant trois mois maximum pour les infractions mineures et neuf pour les graves – aboutissant à des totaux de neuf mois pour les mineures et jusqu'à 21 pour les graves. Il réduit aussi la détention après condamnation en appel de 18 à huit mois, exige des évaluations multidisciplinaires pour les exceptions de régime, une approbation préalable du tribunal civil pour les traitements médicaux non consentis après audience judiciaire, et la proportionnalité des saisies d'actifs.
Concòrdia a soumis 10 amendements pour renforcer les garanties légales et accélérer les procédures face aux retards judiciaires. Il limite les traitements médicaux forcés aux cas où le consentement est inconnaissable ou où des risques menacent la vie, la santé ou des tiers, citant des rapports externes sur des risques de surmédication et de « retenues pharmacologiques » en prison. Le parti défend le maintien de peines d'arrestation plutôt que de prison pour des infractions comme la conduite sous stupéfiants, le refus de tests ou le vol afin de favoriser la réintégration, et autorise l'application rétroactive si plus favorable. Il simplifie aussi les procédures disciplinaires en supprimant la justification immédiate pour refuser des tests non susceptibles d'appel aux détenus, en ligne avec les recommandations du CSJ.
Le Partit Socialdemòcrata (PS) a enregistré 22 amendements, plaidant pour des détentions en phase de jugement encore plus courtes – deux mois pour les infractions mineures et six pour les graves – et limitant les cellules d'isolement à huit jours au lieu de 14, arguant que des périodes plus longues sapent la discipline et alourdissent les charges administratives.
En parallèle, les groupes se rapprochent d'un accord sur le règlement du Consell General pour rendre obligatoires les apparitions devant les commissions d'enquête, avec des sanctions coercitives légères en cas de non-présentation, refus de répondre ou mensonge – potentiellement codifiées dans le Code pénal. L'opposition pousse pour plus de transparence comme les déclarations de patrimoine, mais rencontre des résistances, bien que les déclarations d'intérêts soient discutées. La réforme vise une approbation cette année, avec un changement de format pour le débat d'orientation politique prévu fin juin.
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