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Politique·

Étudiants andorrans exemptés des hausses de frais non-UE en France

Les étudiants universitaires andorrans en France conservent les tarifs UE grâce à un traité trilatéral qui prime sur le nouveau décret, malgré les hausses visant la plupart des non-Européens en filières stratégiques. L’ambassadeur Eybalin confirme la primauté du traité au milieu des manifestations nationales.

Points cles

  • Ministère français confirme exemption andorrane : licence à 2 895 € (de 178 €), master à 3 941 € dès 2026
  • Convention trilatérale 2000 France-Espagne-Andorre garantit tarifs UE
  • Exemptions aussi pour bénéficiaires antérieurs et meilleurs ; partie du plan « Choose France »
  • Manifestations étudiantes dénoncent discrimination, prévision 250 M€ de recettes

Les autorités françaises ont confirmé qu’étudiants andorrans dans les universités françaises ne seront pas soumis aux nouvelles hausses de frais d’inscription imposées aux étudiants non européens, selon des sources du ministère français de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.

Le ministère a indiqué qu’Andorrans restent exemptés des frais différenciés, comme auparavant. À partir de septembre, la plupart des étudiants non européens en licence paieront 2 895 euros par an, contre 178 euros auparavant. Les frais de master passeront à 3 941 euros par an à partir de l’année académique 2026-2027, contre 254 euros précédemment. Le gouvernement français estime que ces tarifs couvriront environ 30 % des coûts d’études pour les finances publiques.

La France a approuvé ces changements par un décret publié le 20 mai. Il prévoit des exemptions pour les étudiants ayant bénéficié d’allégements de frais cette année académique, leur permettant de continuer aux tarifs actuels jusqu’à la fin de leurs études. Ceux ayant obtenu des exemptions pour 2026-2027 avant l’entrée en vigueur du décret conserveront ces avantages. Les meilleurs étudiants non européens peuvent accéder à des bourses, et les universités peuvent en exempter jusqu’à 10 %, notamment dans le cadre d’accords de coopération avec allégements réciproques.

Ces mesures s’inscrivent dans le plan « Choose France » pour l’enseignement supérieur, qui vise à orienter les étudiants internationaux vers des filières stratégiques comme l’intelligence artificielle, le numérique, la mécanique quantique et la biotechnologie. Environ 60 % des bourses pour étudiants internationaux cibleront ces domaines.

Par ailleurs, Nicolas Eybalin, ambassadeur de France en Andorre, a souligné qu’une convention trilatérale de 2000 entre Andorre, France et Espagne protège les étudiants andorrans. Il a rappelé que l’article 5 garantit un traitement identique à celui des étudiants français ou espagnols en matière d’éducation, ce qui signifie qu’ils continueront de payer des tarifs équivalents à ceux des étudiants de France, d’Allemagne, de Belgique ou de Suisse.

Eybalin a reconnu que l’exemption n’est pas explicitement mentionnée dans le décret, mais a argué que les traités internationaux priment sur les décrets administratifs. L’ambassade de France a demandé un éclaircissement officiel à Paris, qu’il s’attend à voir confirmer cette position.

Des manifestations étudiantes ont éclaté dans toute la France, y compris à Paris et dans les grandes villes universitaires, depuis l’annonce des hausses de frais il y a un mois. Les critiques qualifient la politique de discriminatoire, arguant qu’elle filtrera les étudiants non européens selon le revenu familial et bloquera l’accès à ceux issus de milieux modestes. Le gouvernement anticipe que ces changements généreront environ 250 millions d’euros par an pour les universités.

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