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Politique·

Le Conseil général d’Andorre expose une broderie hommage à la pétition pour le suffrage féminin de 1968

L’œuvre brodée de Joana Baygual *Ens necessitem totes*, avec les 378 signatures réclamant des droits politiques, est dévoilée dans la Sala de Passos Perduts, en hommage à la campagne qui a obtenu le vote des femmes en 1970.

Points cles

  • Le Conseil général dévoile la broderie *Ens necessitem totes* de Joana Baygual avec les 378 signatures de la pétition de 1968 pour le suffrage féminin.
  • La pétition a conduit à l’approbation du droit de vote des femmes en 1970, utilisé pour la première fois en 1971.
  • L’œuvre est exposée dans la Sala de Passos Perduts, honorant des figures comme Quima Calvó et Carme Travesset.
  • Pièce brodée à la main sur quatre mois à partir d’une publication de 2011, dans le cadre de l’exposition *Dones clau*.

Le Conseil général a intégré à sa collection d’œuvres d’art la broderie de Joana Baygual *Ens necessitem totes* (« Nous avons besoin de toutes »), exposée dans la Sala de Passos Perduts, près de l’entrée de l’hémicycle. Cette pièce reproduit les 378 signatures de la pétition présentée par les femmes andorranes à la Casa de la Vall le 15 mai 1968, réclamant des droits politiques – une campagne qui a abouti au suffrage féminin.

L’initiative a démarré à la mi-années 1960, lorsque Quima Calvó, de retour de France pour gérer un restaurant à Santa Coloma, s’est heurtée à des obstacles pour raccorder son établissement au réseau communal d’eau sans l’accord de son mari. Des réunions informelles dans l’arrière-salle de son restaurant, avec des figures de proue comme Elidà Amigó, Angelina Mas, Carme Sauquet, Concepció Baudí, Montserrat Jordana, Paquita Mandicó, Joana Cerdà, Carme Travesset et Pepita Aguilar, ont donné l’élan à la pétition. Chacune des 378 signataires devait alors obtenir le consentement de son époux. Le droit de vote des femmes a été approuvé le 14 avril 1970 et exercé pour la première fois aux élections du 14 décembre 1971, tandis que l’éligibilité aux mandats est arrivée avec les élections communales de 1973 – où Carme Travesset est devenue la première femme élue conseillère à Escaldes-Engordany.

Lors de l’inauguration mercredi, le Syndic général Carles Ensenyat a qualifié ces signatures de dernière étape dans la consolidation démocratique de l’Andorre. Il a souligné que la constitution du pays et sa démocratie moderne seraient impensables sans elles, ajoutant que leur emplacement près de l’hémicycle honore plus l’institution que l’œuvre elle-même. La pièce, a-t-il dit, renforce les collections artistiques du Conseil tout en mettant en lumière un moment clé de l’histoire politique et sociale de la Principauté. Baygual a noté son arrivée symbolique « exactement là où ces suffragettes voulaient arriver ».

Sur quatre mois, Baygual a brodé à la main les signatures avec du fil d’or sur de grandes nappes de table de 145 sur 135 centimètres, en référence au restaurant de Calvó. S’inspirant d’une publication du Conseil général de 2011 reproduisant les originaux, elle les a agrandies et recopiées une par une dans l’ordre précis. « La partie la plus difficile a été d’éviter les erreurs ou les doublons », se souvient-elle. L’œuvre est née d’un appel de Maite Luque à des artistes locales – parmi lesquelles Mercè Ciàurriz, Neus Mola, Naiara Galdós, Gemma Piera, Núria Morcillo, Montse Altimiras et Mònica Armengol – pour l’exposition *Dones clau per a la història d’Andorra*. Cette exposition itinérante, qui a couvert toutes les paroisses l’an dernier et figuré dans un catalogue, a ému les visiteurs reconnaissant des noms de parents ou d’amis. « Je voulais que les gens se reconnaissent dedans », résume Baygual son intention : « Contre l’oubli, je brode. »

Baygual n’avait pas anticipé qu’elle trouverait une place permanente dans un lieu aussi visible. Pour approfondir la compréhension, le Conseil général ouvrira fin juin une exposition temporaire de photos d’époque dans la Sala de Passos Perduts.

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