Andorra Digital conclut des accords cloud souverains avec Google, AWS et Microsoft
La société publique Andorra Digital lance un cadre pour les services cloud garantissant le contrôle des données via des clés souveraines. Le ministre Rossell met en avant des clauses strictes sur juridiction et accès, en réponse aux interrogations de l’opposition sur sécurité et coûts dans la transformation numérique.
Points cles
- Andorra Digital permet aux entités publiques et privées d’accéder aux services cloud de Google Cloud, AWS, Microsoft, T-Systems et Oracle à des tarifs compétitifs.
- Le système de clés souveraines donne aux clients des clés de chiffrement exclusives, empêchant les fournisseurs d’accéder aux données sans ordre judiciaire.
- Les contrats imposent la résidence des données en Europe, la classification de sensibilité et le chiffrement au repos et en transit.
- Avantages pour les PME via négociation groupée ; Rossell répond aux craintes sur les lois étrangères comme le Cloud Act américain.
**Andorra Digital conclut des accords cloud avec les grands fournisseurs, garantissant la souveraineté des données grâce au système de clés souveraines**
Les entités publiques et les entreprises privées d’Andorre peuvent désormais accéder aux services cloud des géants internationaux comme Google Cloud, Amazon Web Services, Microsoft, T-Systems et Oracle à des tarifs plus compétitifs que ceux obtenus par des négociations individuelles. Andorra Digital, la société publique en charge de la transformation numérique, a présenté ce cadre mercredi lors d’un événement networking au centre de congrès d’Andorra la Vella.
Le ministre de la Fonction publique et de la Transformation numérique, Marc Rossell, a qualifié l’initiative de « cloud souverain andorran » garantissant aux utilisateurs un contrôle total sur leurs données. Au cœur du modèle se trouve un système de « clés souveraines », où les clients détiennent une clé de chiffrement supplémentaire nécessaire pour accéder aux informations stockées. Les fournisseurs ne peuvent pas consulter le contenu sans cette clé, que Rossell a comparée aux multiples serrures du coffre-fort de la Casa de la Vall. Les tiers, y compris les fournisseurs eux-mêmes, ne peuvent y accéder que sur ordre judiciaire.
Rossell a souligné que les contrats incluent des clauses strictes sur la résidence des données, la juridiction applicable — priorisant les espaces juridiques européens — et les limites d’accès par des tiers. Les administrations publiques doivent d’abord classer les données par sensibilité et criticité pour décider de leur placement en cloud public, cloud privé ou infrastructure sur site. Le chiffrement s’applique aux données au repos et en transit, avec des journaux d’audit enregistrant toutes les tentatives d’accès. Les citoyens pourront éventuellement vérifier qui a consulté leurs informations personnelles.
Le ministre a répondu aux préoccupations soulevées par la conseillère social-démocrate Laia Moliné lors de questions parlementaires, qui questionnait les protections face aux autorités étrangères, citant des lois américaines comme le Cloud Act. Rossell a insisté sur le fait que le cadre juridique, technique et organisationnel robuste assure aux entités publiques un contrôle effectif, sans risque d’accès non autorisé. Il a noté que la disponibilité totale 24h/24 et 7j/7 est irréalisable avec une infrastructure locale seule en raison de la taille et des coûts pour Andorre, rendant les fournisseurs externes indispensables.
L’accord bénéficie aux entreprises andorranes, majoritairement petites — 95 % sont petites ou très petites — en permettant une négociation groupée sans coûts pour l’État. Les accès passent par des intégrateurs et partenaires locaux pour développer les capacités internes et éviter des dépendances rigides. Rossell privilégie les entreprises andorranes lorsque possible.
D’ici décembre 2025, 71 % des entités publiques ont adhéré aux systèmes d’interopérabilité, réduisant les charges administratives et améliorant la qualité des données pour les citoyens. Aucune estimation globale des coûts n’existe pour le déploiement en cloud public jusqu’en 2030, l’adoption variant. Les incidents récents de cybersécurité touchant plus de 5 000 appareils en 2025 sont liés à des problèmes généraux d’utilisateurs, non aux services d’Andorra Digital. Moliné a exprimé sa surprise face à l’absence de coûts futurs détaillés et mis en garde contre une dépendance technologique, appelant à plus de transparence.
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