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Politique·

La dirigeante social-démocrate andorrane Susanna Vela critique le modèle de croissance des 15 dernières années

Susanna Vela juge que le modèle de croissance andorran confond expansion économique et intérêt public, et appelle à des réformes pour le logement, les services publics et le bien-être plutôt que les recettes brutes.

Points cles

  • Susanna Vela conteste l'ouverture économique des gouvernements démocrates, épuisée face aux pénuries de logements et embouteillages.
  • Le logement est devenu un actif spéculatif, bloquant l'émancipation des jeunes et l'attractivité des talents.
  • Elle propose un aménagement territorial, une loi sur l'urbanisme et un recentrage sur la qualité de vie.
  • Elle répond au slogan d'Espot sur la richesse en questionnant ses bénéficiaires.

Susanna Vela, cheffe du groupe parlementaire social-démocrate, a remis en cause le modèle de croissance poursuivi par les gouvernements démocrates au cours des 15 dernières années lors du débat sur l’orientation politique. Elle s’est interrogée sur le fait de savoir si l’ouverture économique du pays relevait d’une stratégie nationale délibérée ou simplement de l’idée que tout investissement était intrinsèquement positif.

Vela a reconnu les progrès réalisés sous ce modèle mais a estimé qu’il avait atteint un point d’épuisement, comme en témoignent les défis persistants tels que la pénurie de logements, les obstacles à l’émancipation des jeunes, les embouteillages et la pression sur les services publics. Elle a soutenu qu’Andorre avait confondu expansion économique et intérêt public, en reportant les réformes structurelles jusqu’à ce que les problèmes se transforment en crises.

Met tant en avant le logement comme « principal frein au développement du pays », Vela a noté qu’il fonctionne désormais plus comme un actif d’investissement que comme une garantie de base, entravant la formation des familles et l’attractivité des talents. « Quand les professionnels ne peuvent pas venir à Andorre parce qu’ils ne trouvent pas de logement, c’est un problème structurel ; c’est un échec en tant que pays », a-t-elle déclaré. Elle a appelé à anticiper de tels problèmes par une meilleure gouvernance.

Visant une remarque fréquente du chef du gouvernement Xavier Espot — « Je préfère créer de la richesse plutôt que distribuer de la pauvreté » —, Vela a rétorqué que la vraie question porte sur « quelle richesse nous créons et qui en bénéficie ». Elle a plaidé pour un recentrage sur les indicateurs de qualité de vie et de bien-être, en se demandant si le progrès doit être mesuré en recettes ou en niveau de vie.

Parmi ses propositions, Vela a défendu un nouveau plan d’aménagement du territoire, une loi sur l’urbanisme pour protéger les espaces naturels et limiter le développement en fonction de la capacité réelle des terrains, ainsi que le traitement de débats comme la dépénalisation de l’avortement pour s’aligner sur une Europe fondée sur les droits. « Ce n’est pas la fin d’Andorre, mais la fin d’une façon de comprendre le pays », a-t-elle conclu.

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