L’ambassadeur de France propose Pamiers plutôt que Mérens pour la zone économique andorrane
Nicolas Eybalin met en avant les atouts de Pamiers, aborde les réparations de la RN-20 avec des plans conjoints, et réaffirme le soutien français contre la contrebande, pour l’éducation et les liens UE lors des discours de la Fête nationale.
Points cles
- Pamiers offre des forces industrielles et une connectivité supérieures à la zone protégée de Mérens.
- Glissement de terrain sur la RN-20 près de Mérens : stabilisation d’ici fin 2027 ; promotion du rail vers Toulouse.
- Soutien français au débat sur l’avortement comme affaire interne et à la hausse des prix du tabac contre la contrebande.
- Liens bilatéraux solides avec accords éducatifs, événements culturels et plaidoyer UE face aux tensions géopolitiques.
L’ambassadeur de France Nicolas Eybalin a proposé Pamiers comme site alternatif pour la zone économique spéciale prévue par Andorre, en soulignant ses atouts industriels et commerciaux par rapport à la zone protégée de Mérens.
Eybalin a formulé cette suggestion avant la réception pour la Fête nationale française du 14 juillet 2026, organisée dans les jardins de l’ambassade à Andorre et réunissant de hauts responsables, dont le chef du gouvernement et des représentants des coprinces. Il a noté que Pamiers offre une meilleure connectivité, tandis que Mérens se trouve dans une zone protégée, comme l’avait déjà souligné la ministre des Affaires étrangères Imma Tor.
L’ambassadeur a également évoqué les préoccupations persistantes concernant la RN-20, fermée près de six semaines plus tôt cette année en raison d’un glissement de terrain près de Mérens. Des travaux de stabilisation de la pente rocheuse seront probablement nécessaires d’ici fin 2027 pour retirer un bloc de 500 mètres cubes. Aucune échéance ni détail sur des itinéraires alternatifs n’a été précisé, mais Eybalin a insisté sur la conscience française de l’importance stratégique de cette voie pour Andorre. Les autorités prévoient une coordination conjointe avec le gouvernement andorran pour minimiser les perturbations, en promouvant des options ferroviaires comme les trains vers Toulouse pendant les travaux.
Eybalin a salué les progrès sur les liaisons aériennes entre Andorre-La Seu d’Urgell et Paris, décrivant les réflexions internes dans le Principat comme potentiellement financées par des fonds européens. Ces vols se connecteraient aux principaux hubs internationaux.
Sur d’autres sujets, il a réaffirmé la non-opposition de la France au débat andorran sur la dépénalisation de l’avortement, en écho à la position du coprince Emmanuel Macron, tout en soulignant qu’il s’agit d’une question interne hors du rôle quotidien du coprince.
Sur la contrebande de tabac – liée à la criminalité organisée –, Eybalin a appelé à des hausses de prix comme mesure la plus efficace. Il a rappelé la défense passée par la France de la differentialité des prix du tabac andorran lors des négociations d’association à l’UE, sécurisée pour 30 ans. Le nouveau représentant du coprince Frédéric Rose, lors de sa première visite la semaine dernière, s’est engagé à fournir plus de ressources pour des efforts conjoints, soulignant les solides liens bilatéraux.
Dans le domaine de l’éducation, Eybalin a accueilli l’engagement andorran à rénover le Lycée Comte de Foix avec l’expertise de l’Académie de Montpellier, le renouvellement de l’accord franco-andorran sur l’éducation en décembre 2025, l’augmentation des inscriptions andorranes dans les universités françaises, et des événements comme la Foire de l’enseignement. Il a annoncé une semaine du cinéma français fin septembre et la poursuite des saisons culturelles.
Eybalin a présenté les relations bilatérales comme celles de deux démocraties libérales sur des chemins convergents, en mettant en avant les étapes clés de 2025-2026 : l’accord sur l’éducation, le plan anti-contrebande du 28 octobre, la réouverture de la RN-20, et la visite de Macron en avril. Il a salué l’adhésion pleine et entière d’Andorre aux sanctions de l’UE contre la Russie, confirmant son attachement au droit international.
La France et l’Espagne sont prêtes à défendre les spécificités d’Andorre dans le cadre de son accord d’association à l’UE, avant une consultation citoyenne, dans un contexte de tensions géopolitiques mondiales.
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