Andorre défend l'élevage réglementé d'animaux de compagnie contre le trafic
La nouvelle loi sur le bien-être animal autorise un élevage et des ventes contrôlés pour répondre à la demande croissante et stopper le commerce illégal, avec inspections strictes des installations. Les associations critiquent et prônent l'adoption exclusive.
Points cles
- Le gouvernement justifie la régulation face à 16 000 animaux de compagnie, plus nombreux que les élèves
- Contrôles stricts sur les éleveurs : traçabilité, inspections ; interdiction des ventes en ligne
- Les associations s'opposent à l'élevage commercial et plaident pour l'adoption uniquement
- Nouvelles règles assimilent dommages de chiens au bétail à ceux de la faune sauvage et interdisent les cirques avec animaux sauvages
Le gouvernement andorran a défendu sa décision d’autoriser un élevage et une vente réglementés d’animaux de compagnie dans le cadre de la nouvelle loi sur le bien-être animal, arguant qu’elle prévient le trafic illicite face à une demande croissante.
La législation, présentée par l’exécutif et devant être publiée mercredi, répond à l’augmentation du nombre d’animaux de compagnie dans le pays. Les registres officiels recensent 9 642 chiens et 6 172 chats, le ministre de l’Environnement Guillem Casal notant près de 16 000 animaux de compagnie au total, surpassant les 11 300 élèves scolarisés. Le directeur de l’Agriculture et de l’Élevage Josep Casals a souligné que des contrôles stricts sur les centres d’élevage, incluant traçabilité, installations adaptées et inspections, répondent mieux aux besoins sociétaux qu’un modèle basé uniquement sur l’adoption. « Sans régulation, nous favoriserions le trafic illicite », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une interdiction totale des ventes ne pourrait pas satisfaire la demande.
La vente en ligne d’animaux est explicitement interdite, et la loi évite de préciser les races – comme les « chiens designer » – les considérant comme des modes passagères difficiles à réguler au cas par cas. Elle se concentre plutôt sur l’autorisation des éleveurs et l’application de normes.
Les groupes de défense des animaux continuent d’opposer l’élevage commercial. Le président d’Apapma, Carles Iriarte, a insisté pour qu’aucun tel centre n’opère en Andorre, appelant à adopter les animaux plutôt qu’à les acheter. La vice-présidente de GosSOS, Lisa Cruz, a mis en garde contre les risques pour les animaux malgré le contrôle renforcé.
Les nouvelles dispositions assimilent les dommages causés par les chiens au bétail à ceux causés par la faune protégée comme les ours, en utilisant des critères objectifs des normes existantes. Les propriétaires risquent des amendes jusqu’à 5 000 € pour les incidents graves, plus des indemnisations, le chien pouvant être classé comme dangereux. Les réglementations définiront aussi les espèces de bétail ou exotiques autorisées comme animaux de compagnie – excluant par exemple poules ou porcs en appartement – et interdiront les cirques utilisant des animaux non domestiqués comme les lions ou les éléphants.
Les refuges publics pourront héberger temporairement les animaux de propriétaires vulnérables, y compris victimes de violences de genre ou patients hospitalisés. Les colonies félines passeront à une gestion partagée entre communes et gouvernement, ce dernier prenant en charge les frais vétérinaires pour les stérilisations. Nourrir des animaux errants dans les espaces publics ou la nature est interdit.
Le président de la Fédération de chasse et pêche, Josep Maria Cabanes, a salué l’approche équilibrée, tandis que Bea Montalvo de RonronejAND a applaudi les mesures sur les colonies de chats mais attend le texte final. Les voisins Espagne et France appliquent des contrôles similaires sur les éleveurs, en ligne avec les normes récentes de l’UE limitant les portées et la consanguinité.
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