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Politique·

Andorre classe le contenu sexuel personnalisé payant comme prostitution, amendes jusqu'à 1 500 € pour les consommateurs

Les réformes visent les plateformes numériques comme OnlyFans, prévoient de la prison pour les facilitateurs, relèvent l'âge du consentement à 16 ans et étendent la responsabilité des entreprises pour les crimes graves dans le cadre de protections plus larges contre les infractions sexuelles.

Synthese a partir de :
ARAEl PeriòdicDiari d'AndorraBon DiaAltaveu

Points cles

  • Andorre classe le contenu sexuel personnalisé payant sur des plateformes comme OnlyFans comme prostitution, amendes de 501 à 1 500 € pour les consommateurs.
  • Les facilitateurs risquent de 3 mois à 5 ans de prison selon la gravité.
  • Les réformes relèvent l'âge du consentement à 16 ans, pénalisent la diffusion d'images non consenties et la pornographie « enfantine ».
  • Les entreprises sont responsables des crimes graves comme la traite, amendes jusqu'à 300 000 €.

Le gouvernement andorran a approuvé des réformes du code pénal classant le contenu sexuel personnalisé payant sur des plateformes comme OnlyFans comme prostitution, les consommateurs s'exposant à des amendes administratives de 501 à 1 500 euros pour demander ou interagir avec ce type de matériel.

Justice et ministre de l'Intérieur Esther Molné a détaillé les changements lors d'un point presse lundi, précisant que la consommation et la production de pornographie générale restent légales. La distinction intervient avec l'interaction directe et le paiement, comme la commande de contenus spécifiques, que les autorités considèrent désormais comme prostitution. Les facilitateurs ou bénéficiaires de ces activités risquent des peines de prison de trois mois à trois ans pour complicité, ou de deux à cinq ans en cas aggravés impliquant coercition. L'exercice même de la prostitution n'est pas pénalisé.

Approuvé par le Conseil des ministres mercredi dernier, le paquet de mesures cible le travail sexuel numérique tout en renforçant les protections contre les infractions sexuelles. Il relève l'âge du consentement à 16 ans, ou 14 ans si les partenaires ont moins de cinq ans d'écart. La diffusion d'images sexuelles non consenties – y compris celles modifiées par IA pour représenter nudité ou actes – est punie de trois mois à trois ans de prison. L'envoi de matériel sexuel non sollicité est qualifié de harcèlement. La pornographie enfantine s'étend à toute représentation ressemblant à un mineur, même si la personne n'est pas mineure, avec jusqu'à quatre ans de prison. Tenter d'assister à des spectacles pornographiques impliquant des mineurs ou des personnes handicapées est puni de jusqu'à deux ans.

De nouvelles dispositions élargissent les peines pour crimes de haine en cas d'incitation en ligne, y compris via les réseaux sociaux, et étendent les violences domestiques aux cas sans cohabitation, avec des peines plus sévères si la violence a lieu au domicile de la victime ou près d'un mineur.

Pour la première fois, les entreprises engagent leur responsabilité pénale pour des infractions graves comme la traite humaine, le blanchiment d'argent, les crimes environnementaux et la corruption du secteur privé, avec des amendes jusqu'à 300 000 euros et possibles interdictions d'exercer. Ces mesures répondent aux demandes de groupes comme Diversand et d'organismes internationaux tels que Moneyval et Greco.

Le projet de loi arrive au Consell General mardi via procédure d'urgence, visant une approbation avant juillet. La plupart des changements s'appliquent un an après publication au BOPA pour laisser du temps d'adaptation, bien que Molné ait suggéré que des amendements parlementaires pourraient accélérer les clauses sur la liberté sexuelle, la discrimination et le harcèlement. La préparation policière pour les enquêtes numériques avance, mais les mécanismes d'exécution pour les paiements en ligne restent en développement. Le Consell General pourrait affiner davantage le texte.

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