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Politique·

Andorre approuve la loi Ómnibus 2 et le budget 2026 au milieu de tensions sur le logement et le tourisme

La majorité gouvernante adopte des restrictions plus strictes sur le logement, les règles d'investissement étranger et les contrôles migratoires, rejetant les propositions d'opposition pour des coupes budgétaires.

Synthese a partir de :
El PeriòdicARADiari d'AndorraBon DiaAltaveu

Points cles

  • Ómnibus Law 2 exige 1 M€ d'investissement pour résidence passive, 50 K€ de frais, et porte les taxes immobilières étrangères à 6-10 %.
  • Logement : 340 unités touristiques converties en locations ; plus de 800 logements vacants ciblés pour acquisition.
  • Amendements d'opposition rejetés, dont loi sur logement abordable et interdictions permanentes d'investissements étrangers.
  • Budget conserve 24,6 M€ pour Andorra Turisme, vital pour 60 % du PIB et 2,7 Mds€ de revenus.

Le Consell General a approuvé jeudi le projet de loi sur la continuité et la consolidation des mesures de croissance durable — connu sous le nom de « Ómnibus Law 2 » — et le budget de l'État 2026, avec 16 voix de la majorité gouvernante l'emportant sur 8 voix d'opposition contre. La session a rejeté toutes les amendements de l'opposition au milieu de débats houleux sur les restrictions au logement, les règles d'investissement étranger, les contrôles migratoires et le financement du tourisme.

La ministre du Logement Conxita Marsol a ouvert les discussions en soulignant les réalisations de la loi initiale sur la croissance durable et le droit au logement de mars 2025, qui a limité les achats étrangers, interdit les promotions en vente seule et stoppé les nouvelles licences pour appartements touristiques. En un an, 340 unités touristiques dans des immeubles où elles représentaient moins de 30 % du stock ont été converties en locations résidentielles. Une collaboration avec les conseils municipaux et les compagnies d'électricité a identifié plus de 800 logements vacants, incitant les propriétaires à les mettre sur le marché sous peine d'acquisition par l'État. Marsol a qualifié la loi de modèle pour lutter contre la pénurie de logements et a esquissé des réformes du marché des loyers pour mars.

L'Ómnibus Law 2 impose des mesures plus strictes : la résidence passive exige un investissement d'1 million d'euros — ou 800 000 euros en immobilier — plus un paiement non remboursable de 50 000 euros aux fonds sociaux ou de logement. Les travailleurs indépendants étrangers sont soumis à la même taxe, à l'exception des experts qualifiés. Le regroupement familial fait face à des contrôles plus stricts, avec révocation automatique des permis en cas de violation. Le personnel temporaire peut désormais changer de rôle au sein de son entreprise ou de son groupe. Les taxes sur les biens immobiliers étrangers passent à 6 % pour le premier bien et 10 % pour les suivants. Les autorités peuvent stopper les projets commerciaux à forte consommation de terrains avec faible bénéfice économique local.

Les efforts de l'opposition ont échoué. Le PS a réclamé une loi sur le logement abordable pour les locations et ventes dans les six mois ; Pere Baró a accusé le projet de négliger le logement et de favoriser la spéculation. Concòrdia a cherché des interdictions permanentes des permis d'investissement étranger dépassant 49 % de capital étranger dans les sociétés immobilières, épargnant les projets préapprouvés au-delà d'1 million d'euros avec permis de construction majeurs. Núria Segués a noté que les locaux rivalisent avec des étrangers aisés pour des appartements à 300 000-400 000 euros ; Cerni Escalé a averti que les seuils pourraient faire grimper les prix et compliquer les négociations d'association à l'UE, tout en critiquant l'accès continu des étrangers à l'immobilier. Maria Martisella des Demòcrates a soulevé des préoccupations légales et soutenu une immigration gérée. Noemí Amador d'Andorra Endavant a approuvé la flexibilité pour les travailleurs mais regretté les rejets comme la révocation des permis familiaux pour délits juvéniles.

Les disputes budgétaires ont porté sur la proposition de Concòrdia de réduire de 10 millions d'euros — environ 40 % — l'allocation de 24,6 millions d'euros d'Andorra Turisme pour financer le logement, l'innovation, un parc technologique, des études sur un tramway, des efforts contre la solitude et le congé de paternité. Escalé et Segués ont jugé l'agence redondante et opaque, une vue partagée par le PS. La majorité, avec Andorra Endavant, l'a repoussée. Le ministre des Finances Ramon Lladós a averti que les coupes mettraient en péril les événements, les entreprises, les emplois et la part de 60 % du PIB du tourisme, générant 2,7 milliards d'euros de revenus en 2025. Meritxell López des Demòcrates a cité 12 millions de nuitées cette année-là — 30 % au-dessus de 2019 — plus 5 millions d'euros de taxes touristiques et des audits en cours. Carles Naudi de Ciutadans Compromesos a qualifié l'idée de nuisible ; Carine Montaner d'Andorra Endavant a crédité l'agence pour la reprise post-pandémie.

Les dirigeants du tourisme ont fait écho à ces préoccupations après le vote. Le président de l'Unió Hotelera, Jordi París, a salué le rejet comme apportant de la « tranquillité » pour maintenir les projets prévus, louant la promotion d'Andorra Turisme au milieu de chiffres de visiteurs optimaux et d'efforts de désaisonnalisation visant des touristes à plus forte dépense de marchés lointains. S'exprimant depuis Fitur 2026 à Madrid, où Andorre présentait 19 entreprises sous la bannière « Eleva la teva experiència », París a qualifié la proposition de Concòrdia d'« surprenante » et demandé une réunion pour comprendre sa base et la vision touristique. Il a souligné que des investissements soutenus ont stabilisé le secteur après la reprise de 2023, avertissant que des coupes brutales risquaient la visibilité et les contacts à long terme, y compris de nouveaux prospects d'Amérique latine du Mexique, Colombie, Brésil, Porto Rico et République dominicaine. Pedro Moran d'Unnic a rapporté 15 réunions de qualité en deux jours, affirmant la forte présence de la marque andorrane ; des sources de Grandvalira ont noté des avancées sur les marchés internationaux à haute valeur.

Le budget prévoit 710 millions d'euros de recettes et 750 millions de dépenses — en hausse de 12 % — et met l'accent sur le logement (16 millions d'euros plus subventions), la santé, l'éducation, les infrastructures et la numérisation, soutenu par un excédent de 60 millions d'euros en 2025 qui a réduit la dette à 30 % du PIB. Les critiques ont pointé son poids opérationnel (86 %) et sa dépendance au tourisme au milieu d'une inflation récente de 6 % et annuelle de 19 %. Le PS et Concòrdia ont rejeté les deux textes, Baró et Escalé reprochant une action faible sur le logement et des tensions sur le marché. Des conseillers externes ont qualifié les hausses de résidence passive de « populistes », prévoyant des frictions avec l'UE. Marsol s'est engagée à des ajustements pour une croissance équitable et une cohésion, y compris des changements sur les loyers.

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Sources originales

Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :