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Politique·

L'armée espagnole géolocalise des bornes frontalières du XIXe siècle le long de la frontière andorrane

Le centre géographique de l'armée et l'Institut national de géographie ont mené des relevés de terrain depuis 2023 pour vérifier les marques de 1856-1863 avec des outils modernes.

Synthese a partir de :
ARAEl PeriòdicAltaveuDiari d'Andorra

Points cles

  • Équipes de l'armée espagnole et de l'IGN ont géolocalisé des bornes du XIXe siècle (1856-1863) avec une précision sous 5 cm.
  • Relevés couvrant Setúria, Montmelús, Estany Engaït et zones triples frontalières sur la frontière sud.
  • Travaux dans le cadre de la phase technique de la commission mixte après le différend sur Planell de la Tosa.
  • Andorre mène des relevés parallèles ; phase technique devant s'achever cette année, réunion à Madrid prévue au printemps 2026.

L'armée espagnole a réalisé un examen de terrain de la frontière sud avec Andorre pour géolocaliser et vérifier des bornes frontalières du XIXe siècle à l'aide d'équipements de levé modernes. Ces travaux, menés en trois campagnes consécutives à partir de 2023, ont impliqué des équipes du Centre géographique de l'armée (Ceget) et de l'Institut national de géographie (IGN) et s'inscrivent dans la phase technique de la Commission mixte hispano-andorrane de délimitation frontalière.

Les techniciens ont utilisé la position originale des bornes établie entre 1856 et 1863 comme base légale et historique du relevé. Cette délimitation du milieu du XIXe siècle a été formalisée par un acte notarié signé par le notaire andorran Rossend Jordana et son homologue Salvador Galindo de La Seu d’Urgell, avec la participation de représentants de Sant Julià de Lòria, La Massana et de plusieurs villages frontaliers catalans. Les travaux ont suivi la ligne établie en parallèle avec les arrangements hispano-français issus du traité de Bayonne de 1856.

Les équipes de relevé ont localisé et documenté les marques historiques — souvent de petites croix gravées dans la roche — dans un terrain fréquemment ombragé et difficile d'accès. De nombreuses bornes étaient partiellement masquées par de la mousse ou l'érosion. Grâce à des systèmes géodésiques contemporains et des instruments modernes, les équipes ont enregistré les positions avec une précision supérieure à cinq centimètres. Lorsque les conditions l'exigeaient, les géomètres ont combiné techniques modernes et méthodes de terrain traditionnelles, y compris l'usage de la vara castellana, une ancienne unité espagnole de 83,59 centimètres utilisée dans les mesures originales.

Les travaux ont couvert une grande partie de la frontière sud, de la zone de Setúria à Montmelús, jusqu'au secteur de l'Estany Engaït et aux zones triples frontalières voisines, et ont été coordonnés dans le cadre de la phase technique binationale. Les conclusions officielles de l'examen de terrain n'ont pas encore été publiées.

La commission mixte a été créée après un différend lié au projet photovoltaïque de Planell de la Tosa, qui il y a quatre ans a empiété sur une cinquantaine de mètres carrés d'Os de Civís et révélé la fragilité d'une délimitation remontant à 1007 et seulement partiellement formalisée au fil des siècles. Les travaux de terrain récents sont présentés par les autorités comme un effort pour réconcilier archives et continuité légale avec les techniques géodésiques actuelles.

Le porte-parole du gouvernement andorran Guillem Casal a indiqué que la présence de géomètres militaires espagnols reflétait une collecte de données routinière sur le territoire espagnol et qu'Andorre menait des relevés équivalents de son côté. Casal a décrit l'ambiance de travail entre les délégations comme très bonne et a précisé que la phase technique devrait s'achever cette année, avec une réunion technique supplémentaire prévue à Madrid au printemps 2026. Une fois les travaux techniques terminés, la documentation sera transmise à la commission mixte pour trancher les points nécessitant des décisions politiques.

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