Retour a l'accueil
Politique·

Les femmes devront attendre 130 ans pour l’égalité politique face aux plafonds de verre et à la violence

La journaliste Núria Varela alerte lors d’une conférence andorrane : les données de l’ONU indiquent que la parité réelle dans les postes de direction pourrait prendre 130 ans, avec une chute du nombre de femmes chefs d’État.

Synthese a partir de :
Bon DiaDiari d'Andorra

Points cles

  • Données ONU : 130 ans pour l’égalité aux postes clés ; cheffes d’État passées de 36 (2023) à 29.
  • « Culture du simulacre » cache la domination patriarcale ; plafond de verre et précipice de verre bloquent les femmes.
  • PSOE a nommé 5 femmes à des postes clés en pleine crise ; parallèle avec les défis hérités de Kamala Harris.
  • Violence politique et « sol collant » des exigences familiales découragent la participation féminine.

La journaliste et auteure Núria Varela a abordé les obstacles à la direction politique des femmes lors d’une conférence intitulée *Femmes, pouvoir et politique : réflexions actuelles* dans le vestibule du Consell General, organisée par la Xarxa de Dones Parlamentàries.

Varela a averti que l’égalité réelle dans les postes de décision de premier plan pourrait prendre 130 ans à se concrétiser, citant des données des Nations Unies. Elle a souligné la baisse du nombre de femmes chefs d’État ou de gouvernement, passé de 36 en 2023 à 29 aujourd’hui, et a introduit le concept de « culture du simulacre », où les structures patriarcales masquent leur domination en feignant que l’égalité est acquise. La première femme présidente d’un pays a été élue il y a seulement 46 ans, a-t-elle noté.

Elle a décrit le « plafond de verre » comme des mécanismes invisibles bloquant l’ascension des femmes vers les postes supérieurs, les incitant souvent à quitter la politique. Les partis traitent ces percées comme des triomphes de l’égalité plutôt que comme des normes, les médias leur accordant une hype excessive. Une fois arrivées à la direction en pleine crise – le « précipice de verre » –, les femmes subissent une pression accrue. Varela a cité le remaniement au Parti socialiste (PSOE) du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui a placé cinq femmes à des postes clés, dont la Valencienne Rebeca Torró au secrétariat à l’organisation. Sánchez l’a présenté comme un élan pour l’égalité et le renouveau, mais elle a estimé que cela les a projetées dans le tumulte du parti, les défiant de restaurer la confiance et de prouver que leur direction apporte un changement substantiel au-delà d’une parité symbolique.

Elle a comparé cela à la vice-présidente américaine Kamala Harris, devenue candidate présidentielle démocrate après le retrait de Joe Biden, héritant d’une campagne en difficulté. Varela a forgé l’expression « sol collant » pour les difficultés que rencontrent les femmes passant de la vie privée à la politique, aggravées par les exigences de conciliation familiale. La parité formelle sur les listes ou dans les exécutifs, a-t-elle argué, ne garantit ni influence réelle ni transformation.

Varela a aussi évoqué la violence politique visant à décourager la participation des femmes, qui s’est intensifiée récemment, ainsi que les coûts personnels et professionnels des hautes fonctions. Ces thèmes figurent dans son livre, inspiré de la série danoise *Borgen*, avec la Première ministre Birgitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen), qui avait un jour géré un différend sur le pétrole au Groenland en tant que ministre des Affaires étrangères – un parallèle avec les enjeux actuels de la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

Avant l’événement, la secrétaire générale de l’Institut andorran de la femme a déclaré que le livre de Varela l’avait incitée à revoir la série, un sentiment partagé par de nombreux participants.

Partager l'article via