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Politique·

Fonctionnaire andorrane pousse à la décriminalisation de l’avortement malgré les liens avec le Vatican

Judith Pallarès, de la coalition au pouvoir, urge la suppression immédiate de l’avortement du code pénal, en priorisant les droits des femmes sur ceux de l’Andorre.

Synthese a partir de :
ARA

Points cles

  • Première figure de la coalition au pouvoir priorise la décriminalisation de l’avortement sur la coprincipauté Vatican-France.
  • Urge suppression minimale du code pénal pour risques maternels, problèmes fœtaux, viol ; intégration dans le système de santé.
  • 143 femmes andorranes ont utilisé des centres publics catalans en 2024 ; total plus élevé avec France/privé.
  • Suggère accès étranger réglementé en intérim, exige action sans approbation du Vatican.

Judith Pallarès, secrétaire générale de l’Institut andorran de la femme (IAD) et membre de la majorité gouvernementale d’Acció Liberal, est devenue la première figure de la coalition au pouvoir à prioriser la décriminalisation de l’avortement sur la préservation de la coprincipauté andorrane avec le Vatican et la France.

Dans des entretiens séparés avec Ràdio Nacional et ATV, l’ancienne dirigeante d’Acció – un parti désormais fusionné dans Acció Liberal, qui soutient l’exécutif et détient un siège au Consell General via le conseiller Marc Magalló –, a appelé à une action immédiate. Elle a exhorté le gouvernement à retirer au minimum l’avortement du code pénal, tout en développant des options pour les trois cas standards de risques pour la santé maternelle, malformations fœtales et grossesses issues de viols, et en les intégrant dans le système de santé.

Pallarès a écarté les préoccupations sur les récentes remarques du pape Léon XIV ou les menaces sur la structure de la coprincipauté, insistant sur le fait que le débat doit se centrer sur la liberté des femmes plutôt que sur des impositions religieuses ou le cadre légal andorran. « Nous devons forcer la situation maintenant », a-t-elle déclaré, ajoutant que « rien n’est éternel » et soulignant le déséquilibre de genre : les hommes ne subissent aucune restriction légale sur leurs choix reproductifs, tandis que les femmes seules portent la pénalité.

Elle a reconnu les tensions politiques mais a affirmé que son rôle exige d’avancer les demandes des organismes internationaux et des associations du comité exécutif de l’IAD. La décriminalisation reste viable, a-t-elle argué, avec des limites similaires à celles d’autres pays, plutôt qu’une libéralisation totale. À titre intérimaire, Pallarès a suggéré un accès réglementé aux avortements à l’étranger – au-delà des frontières andorranes dans les centres publics catalans, les établissements français ou les cliniques privées – pour éviter la clandestinité et les pénalités.

Les données de santé catalanes pour 2024 montrent que 143 femmes andorranes ont utilisé des centres publics là-bas, un chiffre que Pallarès a dit sous-estimer le total en incluant les options françaises et privées. Elle a pressé le gouvernement d’agir sans approbation du Vatican.

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