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Politique·

Les procureurs andorrans font appel de la clôture de l'enquête sur les pensions d'invalidité de la CASS

Les procureurs publics contestent la décision de la Batllia de clore l'enquête sur des surpaiements irréguliers pouvant atteindre 9 millions d'euros, suspendant l'enquête du Conseil général.

Synthese a partir de :
Diari d'AndorraARAAltaveuBon Dia

Points cles

  • Les procureurs font appel de la clôture de la Batllia, attribuant les manquements à des pénuries de ressources de la CASS et cherchant une responsabilité pénale potentielle.
  • Surpaiements initiaux de 1,5 M€ mais revendiqués jusqu'à 9 M€, dus à des pensions non ajustées pour bénéficiaires actifs sur des décennies.
  • Le Conseil général suspend son enquête pour respecter le processus judiciaire ; la plupart des partis soutiennent la pause.
  • Nouvelle présidente Susanna Vela nommée au milieu des appels à la transparence sur la connaissance des paiements et les retards.

Les procureurs publics andorrans ont fait appel de la décision de la Batllia de clore l'enquête pénale sur les paiements irréguliers de pensions d'invalidité par la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS), incitant la commission d'enquête du Conseil général à suspendre à nouveau ses travaux.

La commission s'est réunie brièvement lundi — la séance n'a duré que quelques minutes après l'annonce du recours des procureurs auprès du Tribunal de Corts — pour discuter de la reprise des travaux suite à la clôture par la Batllia il y a quelques semaines. Les membres ont convenu de suspendre jusqu'à ce que la cour se prononce sur la réouverture de l'enquête, qui pourrait inclure de nouveaux témoignages, documents ou audits des systèmes de contrôle de la CASS.

La CASS a identifié les surpaiements début 2024, les estimant initialement à 1,5 million d'euros mais faisant face à des affirmations du chef de l'opposition Cerni Escalé de Concòrdia selon lesquelles ils atteindraient jusqu'à 9 millions d'euros. Une autre estimation les chiffrait à 6 millions d'euros, touchant 213 bénéficiaires sur des décennies, peut-être depuis les années 1970. Les irrégularités provenaient principalement de pensions partielles d'invalidité non ajustées pour les bénéficiaires en activité, en raison de ressources techniques et humaines insuffisantes pour les contrôles de routine. La CASS affirme avoir fourni tous les documents demandés, avoir mis en avant ses contraintes et avoir introduit depuis des mesures préventives.

La Batllia avait écarté toute responsabilité pénale, attribuant les manquements à des pénuries de ressources. Les procureurs s'y opposent et demandent un examen approfondi pour une éventuelle responsabilité pénale.

La plupart des partis soutiennent la suspension pour respecter l'indépendance judiciaire. Jordi Jordana des Démocrates a noté que les procureurs, familiers du dossier, doivent y voir un intérêt à le poursuivre. Les sociaux-démocrates voient l'appel d'un bon œil mais insistent sur une responsabilité politique qui pourrait suivre si aucun délit n'est constaté. Le PS et Concòrdia acceptent la suspension mais plaident pour une action parlementaire ensuite. Escalé a qualifié cette démarche de preuve que l'affaire « n'est pas close », exigeant des décisions rapides du Tribunal de Corts et des clarifications sur qui connaissait les surpaiements, pourquoi l'intervention a tardé et s'il y avait des motifs politiques dans les décisions de la CASS. Il a averti que « la transparence ne peut être bloquée par un processus judiciaire qui pourrait traîner des mois ».

La réunion a nommé la social-démocrate Susanna Vela nouvelle présidente de la commission, succédant à Judith Casal, qui avait démissionné l'été dernier pour raisons de santé. La décision de la cour déterminera l'avenir de l'enquête et les prochaines étapes de la commission, sur fond de préoccupations publiques persistantes sur les contrôles des aides sociales.

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