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Politique·

Sociologue andorran plaide pour diviser par deux le délai d'accès à la nationalité

Joan Micó appelle à réduire de 20 à 10 ans la durée de résidence requise pour la nationalité andorrane afin de renforcer la réactivité démocratique et la cohésion sociale face à un déclin démographique.

Synthese a partir de :
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Points cles

  • Règle actuelle de 20 ans limite les électeurs à 45 % des 85 101 habitants, biaisant les politiques vers les riches.
  • Réforme réorienterait l'agenda du Consell General vers les préoccupations de tous les résidents.
  • Les citoyens pourraient tomber à 5-10 % sans changement en raison de l'immigration, faible natalité et vieillissement.
  • Interdiction de double nationalité freine l'intégration ; élections 2023 : 29 958 votants inscrits, 20 057 participants.

Joan Micó, coordinateur du groupe de sociologie à Andorra Recerca i Innovació (AR+I), a appelé à réduire de 20 à 10 ans la durée de résidence requise pour obtenir la nationalité andorrane, arguant que cela rendrait le système politique plus réactif à l'ensemble de la population résidente plutôt qu'à ses segments les plus aisés.

S'exprimant auprès de l'agence de presse andorrane (ANA), Micó a indiqué que ce changement modifierait principalement l'ordre du jour du Consell General, en déplaçant l'accent des préoccupations des électeurs aisés – qui dominent actuellement l'électorat – vers celles de l'ensemble des résidents. Avec seulement 45 % de la population éligible au vote, il a qualifié la situation actuelle de frein au fonctionnement démocratique, les politiques étant adaptées pour obtenir le soutien des groupes à haut revenu.

Micó a plaidé pour maximiser la proportion de citoyens andorrans afin de favoriser la cohésion sociale, notant une tendance à la diversité déjà visible dans les patronymes variés des candidats de tous les partis. Reconnaissant une hésitation naturelle dans un pays à majorité non citoyenne, il a maintenu que l'accueil de la diversité est essentiel.

Il a évoqué les réformes des années 1980 qui avaient relevé les exigences pour la nationalité face à une croissance démographique plus rapide, dans le but de préserver l'identité nationale. Aujourd'hui cependant, ces mesures risquent de se retourner contre leurs objectifs : sans ajustement, les Andorrans pourraient ne représenter que 5 à 10 % de la population totale dans les années à venir, posant de graves problèmes.

Les données des élections nationales de 2023 montrent 29 958 électeurs inscrits, dont 20 057 ont participé, pour une population de 85 101 habitants fin d'année, selon le département des Statistiques. Micó a lié la proportion décroissante de citoyens aux flux migratoires, aux faibles taux de fécondité et au vieillissement démographique, soulignant la nécessité pour les résidents de longue date de renforcer la base andorrane.

L'interdiction de la double nationalité reste un obstacle majeur, a-t-il ajouté. Renversant la perspective, Micó a noté qu'un Andorran expatrié depuis 20 ans pourrait raisonnablement demander la nationalité au Japon ou aux États-Unis sans renoncer à la sienne, soulignant la valeur symbolique persistante du passeport.

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