Le tribunal de Batllia attribue les terres de Concordia à Canillo dans le litige frontalier avec Encamp
Le tribunal andorran tranche en faveur de Canillo contre Encamp dans une longue querelle territoriale le long du Riu Massat, confirmant les marqueurs historiques et rejetant la revendication.
Points cles
- Le tribunal confirme les marqueurs historiques creus de terme, plaçant la zone marquée en jaune à Canillo.
- Rejet de la revendication d'Encamp sur le lit de la rivière, séparation du pacte de Concordia de 1672 et de la limite paroissiale.
- Litige escaladé en 2005 sur un fossé pour bétail ; Encamp prévoit un appel à la Cour supérieure.
- Canillo accueille favorablement l'arrêt pour sa clarté juridique ; Pic de Maià reste non résolu.
Le tribunal de Batllia a statué le 8 janvier en faveur de Canillo dans le litige territorial en cours avec Encamp concernant les terres de Concordia le long du Riu Massat près de Bordes d'Envalira, rejetant la revendication d'Encamp selon laquelle la limite paroissiale devrait suivre le lit de la rivière.
Le jugement de 18 pages confirme la ligne définie par les marqueurs historiques de bornage — *creus de terme* — telle que validée par une décision de la Cour supérieure du 30 novembre 1999, invoquant la *res judicata* pour interdire toute nouvelle contestation. Il cite des accords postérieurs à l'acte de Concordia de 1672, dont des inspections des limites en 1771, 1807 et 1871, qui fixent la démarcation depuis le Riu Valira via des marqueurs comme la creu 65 (Pleta de les Falconeres), la creu 67 (Barraca del Marsal), la creu 68 (sous Orri de Rusca), la creu 25 (Orri) et la creu 26 (Sarrat) jusqu'au Cap del Maià. La zone contestée marquée en jaune relève désormais de la paroisse de Canillo.
Le tribunal a séparé l'acte de partage des terres de 1672 de la limite paroissiale, notant que l'inspection de 1771 avait résolu cette dernière. Il a mis en avant les vérifications confirmatoires de 1807 et 1871, excluant tout copropriété non résolue. « Une chose est les emprius convenus [dans l'acte de 1672], et une autre très différente est la ligne de démarcation paroissiale », a indiqué l'arrêt.
La querelle remonte à 2000, s'aggravant en 2005 lorsque Canillo a creusé un fossé près d'un panneau frontalier pour son transhumance estivale de bétail. Encamp a stoppé les travaux, revendiquant la zone comme sienne, ce qui a entraîné des propositions rivales de limites depuis la confluence Valira d’Orient-Massat jusqu'à Orri de Rusca. L'affaire a transité par des voies administratives, avec deux annulations par le Tribunal constitutionnel, avant d'atterrir en juridiction civile.
Encamp a confirmé qu'il interjettera appel devant la chambre civile de la Cour supérieure. Canillo a accueilli la décision « avec respect institutionnel et satisfaction », la voyant comme apportant « une clarté juridique sur une question prolongée ». La paroisse a ajouté que l'arrêt offre « un cadre défini pour avancer avec certitude juridique » tout en soulignant son engagement pour « de bonnes relations institutionnelles, le dialogue et la coopération avec Encamp » afin de « regarder vers l'avenir, renforcer la coopération institutionnelle et se concentrer sur les défis communs auxquels sont confrontés les citoyens des deux paroisses ».
Cette issue fait suite à un accord de septembre 2024 sur le gin de Pla de les Pedres mais laisse en suspens la zone du Pic de Maià au milieu de tensions historiques persistantes sur les frontières.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :