Le Tribunal constitutionnel rouvre un recours en amparo sur le code pénal dans l’affaire de blanchiment à Saragosse ; décisions mitigées dans d’autres recours
Le Tribunal a admis un nouvel amparo dans une poursuite prolongée pour blanchiment à Saragosse afin de trancher si le code pénal de 1990 ou de 2005 s’applique.
Points cles
- Le Tribunal a admis un nouvel amparo dans une poursuite prolongée pour blanchiment à Saragosse afin de trancher si le code pénal de 1990 ou de 2005 s’applique.
Le Tribunal constitutionnel a de nouveau admis un recours en amparo dans l’affaire de longue date d’un promoteur immobilier de Saragosse et de ses deux anciens associés, tous condamnés par la chambre pénale du Tribunal supérieur pour blanchiment de fonds prétendument issus du trafic de drogue. Le litige central est procédural et juridique : quel code pénal s’applique — celui de 1990 défendu par la défense, ou celui de 2005 retenu par les juridictions ordinaires. Les défenses soutiennent que sous la codification de 1990, les faits allégués ne rempliraient pas les éléments constitutifs de l’infraction et conduiraient donc à une acquittement ; les juridictions ordinaires estiment que le code de 2005 est plus favorable en termes de peines. C’est la deuxième fois que la question parvient au Tribunal constitutionnel. Lors de la première, le Tribunal avait donné raison aux appelants et ordonné au Tribunal supérieur de reformuler son arrêt ; le Tribunal supérieur a rendu un arrêt pratiquement identique. Les peines incluaient une peine de prison de trois ans avec sursis pour le principal prévenu, âgé aujourd’hui de 80 ans et sous investigation en Andorre depuis 2004, des amendes s’élevant au total à environ 2 millions d’euros, et la saisie maintenue de plusieurs biens immobiliers sous contrôle de l’État depuis plus de deux décennies. Avec cette nouvelle ordonnance d’admissibilité, le Tribunal constitutionnel devra à nouveau examiner s’il doit plus précisément indiquer au Tribunal supérieur quel code pénal doit être appliqué.
Dans une décision distincte, le Tribunal constitutionnel a rejeté les recours en amparo de deux prévenus dans l’affaire bien connue de la « femme de ménage droguée », une importante poursuite pour trafic de cocaïne à Pas de la Casa. Les prévenus contestaient un arrêt révisé du Tribunal supérieur qui corrigeait des erreurs matérielles mais maintenait des peines de prison de cinq et trois ans. L’un arguait que l’arrêt initial n’avait pas tenu compte de son âge inférieur à 21 ans au moment des faits et avait confondu « 400 grammes de haschisch » avec « 400 euros de haschisch », entraînant une surevaluation de la quantité. L’autre estimait que la chambre pénale avait improprement fusionné deux infractions mineures en une infraction plus grave. Le Tribunal constitutionnel a jugé que la décision révisée du Tribunal supérieur ne violait pas leurs droits fondamentaux. Sur la question de la minorité, le Tribunal a relevé que le droit andorran ne réglemente pas spécifiquement les infractions continues débutant pendant la minorité et se terminant à l’âge adulte et que la résolution de l’application de la règle relève des juridictions ordinaires ; le rôle du Tribunal constitutionnel se limite à vérifier les violations de droits et il a estimé le raisonnement des tribunaux raisonnable et fondé. Concernant l’alléguée mauvaise application de la jurisprudence, le Tribunal a conclu que l’appelant n’avait pas étayé une violation du principe d’égalité par une jurisprudence pertinente, et il a trouvé l’interprétation de la chambre pénale d’une infraction continue ni illogique ni absurde.
Dans un troisième arrêt, le Tribunal constitutionnel a accordé l’amparo à une femme traitée comme actionnaire dans une procédure sur une garantie de crédit après la faillite de la société de transport La Hispano‑Andorrana. La requérante avait signé une garantie personnelle pour un prêt de Crèdit Andorrà de 225 000 euros accordé à la société en faillite et arguait qu’elle avait agi à la demande de son mari sans rôle de direction ni participation dans l’entreprise défaillante. La chambre civile du Tribunal supérieur avait fondé sa décision de responsabilité solidaire sur une prémisse erronée selon laquelle l’appelante était actionnaire de La Hispano‑Andorrana. Le Registre des sociétés montre cependant qu’elle n’a jamais été actionnaire de cette société ; sa seule participation était une part de 10 % dans une autre entité juridique, Montmantell. Le Tribunal constitutionnel a retenu que le raisonnement de la chambre civile reposait sur une prémisse factuelle manifestement erronée, créant une lacune logique qui violait son droit constitutionnel à une décision fondée en droit. L’octroi de l’amparo n’annule pas son statut de garante ni ne la libère automatiquement de sa responsabilité financière ; il ordonne plutôt à la chambre civile de réexaminer la demande sans cette erreur et de déterminer, avec une motivation juridique appropriée, si elle peut être traitée comme consommatrice et si la responsabilité solidaire pour le crédit reste opportune.
Prises ensemble, ces décisions récentes soulignent le rôle continu du Tribunal constitutionnel dans le contrôle de l’ancrage des décisions des juridictions inférieures en droit et en fait, et sa volonté d’intervenir lorsque le raisonnement repose sur des prémisses incorrectes ou lorsque des questions procédurales fondamentales — telles que l’application du code pénal — n’ont pas été résolues de manière adéquate.
Sources originales
Cet article a ete agrege a partir des sources catalanes suivantes :