Tribunal d’Andorre condamne hôpital à 17 000 € pour non-divulgation diagnostic hépatite C en 2005
Le tribunal retient une « perte de chance » due à l’omission d’un test positif en 2005 lors d’une urgence, mais rejette le lien avec le décès par cirrhose en 2011.
Points cles
- Tribunal supérieur d’Andorre condamne SAAS à 17 000 € de dommages moraux pour non-divulgation diagnostic hépatite C 2005.
- Décision invoque « perte de chance » pour suivi/traitement, accueille partiellement appel familial.
- Rejet du lien causal avec décès en 2011 pour comorbidités et tabagisme.
- Répartition : 5 000 €/enfant, 2 000 €/sœur, 1 500 €/petite-fille.
Le Tribunal supérieur d’Andorre a condamné le Service andorran d’assistance sanitaire (SAAS) à verser 17 000 euros de dommages et intérêts moraux à la famille d’une patiente dont le diagnostic d’hépatite C de 2005 n’a pas été communiqué par le personnel de l’hôpital Nostra Senyora de Meritxell. Cette décision, rendue le 6 mars 2026 par la chambre administrative, a partiellement accueilli la requête de la famille et infirmé une précédente rejection par le Tribunal de Batlles.
Le tribunal a estimé que l’hôpital avait manqué à son obligation d’informer la patiente du résultat positif du test obtenu lors de sa visite aux urgences en mars 2005 pour un grave problème respiratoire. Cette omission l’a privée de la possibilité de suivi et d’un éventuel traitement. Près de six ans plus tard, elle s’est présentée avec un gonflement abdominal et un œdème des jambes – symptômes d’une cirrhose du foie due au virus – et est décédée le 28 mars 2011, une greffe étant intervenue trop tard.
Bien que reconnaissant la cirrhose comme cause directe de décès liée à l’hépatite C non signalée, les juges ont écarté tout lien de causalité entre cet oubli et l’issue fatale. Ils ont invoqué l’absence de preuve que des traitements de 2005 – plus agressifs que les options actuelles, avec des effets secondaires importants – auraient modifié le cours des événements, compte tenu de ses pathologies pulmonaires préexistantes graves comme la bronchite chronique obstructive et l’emphysème, ainsi que de sa persistance à fumer malgré les conseils médicaux. La décision retient une « perte de chance », limitant l’indemnisation au préjudice moral des proches et excluant les demandes pour la douleur de la défunte, l’incapacité temporaire, les frais funéraires ou médicaux.
La répartition attribue 5 000 euros à chacun de ses deux enfants, 2 000 euros à chacune de ses deux sœurs, et 1 500 euros à chacune de ses deux petites-filles.
Ce jugement civil fait suite à une affaire pénale aux Corts en 2022, où un pneumologue a été relaxé pour homicide par négligence professionnelle faute de preuve qu’il connaissait le résultat au moment de la sortie. Ce jugement avait mis en lumière de graves dysfonctionnements systémiques à l’hôpital, qualifiant ses processus de fonctionnement dans un « désordre catastrophique ».
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