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Sante·

Les adolescents andorrans montrent des écarts genrés alarmants dans les attitudes sexuelles, selon un rapport

Un rapport du Congrès Juventia révèle des divergences criantes chez les 16-18 ans sur les relations : les garçons tolèrent bien plus les tactiques manipulatrices et contacts non consentis que les filles. Les experts appellent à des discussions familiales et une éducation numérique.

Points cles

  • 78 % des garçons vs 33 % des filles acceptent de feindre l'amour pour du sexe
  • 60 % des garçons tolèrent un contact physique non désiré, contre 70 % des filles qui le rejettent
  • 50 % garçons et 40 % filles exposés à de la pornographie violente ; 91 % estiment que le contenu en ligne nuit à l'estime de soi
  • 79 % des filles veulent parler sexe avec les parents malgré les tabous ; appel à l'éducation plutôt qu'aux interdictions

Un nouveau rapport du Congrès de la jeunesse Juventia, organisé par l’ONG Cooperand, révèle des préoccupations majeures chez les adolescents andorrans âgés de 16 à 18 ans concernant les attitudes sexuelles, la communication familiale et les influences en ligne.

L’étude, basée sur des enquêtes anonymes auprès de plus de 110 élèves de l’Escola Sant Ermengol et de plus de 12 000 participants d’Amérique latine – principalement de Bolivie – via streaming, met en lumière des différences marquées par genre dans les vues sur les relations. Ainsi, 78 % des garçons considèrent acceptable de feindre l’amour pour obtenir des relations sexuelles, contre 33 % des filles. De même, 60 % des garçons tolèrent un contact physique non désiré, tandis que 70 % des filles le jugent inacceptable.

La consommation de pornographie violente est également répandue, 50 % des garçons et 40 % des filles rapportant une exposition à ce type de contenu. Malgré cela, 91 % des jeunes reconnaissent que les contenus en ligne négatifs nuisent à leur estime de soi, à leur image corporelle et à leurs relations personnelles. Carla Riestra, présidente exécutive de Cooperand, a averti que les lacunes dans les discussions à la maison poussent les jeunes vers des sources internet non régulées. « Le vide des conversations à la maison est comblé par internet, et sur internet, il n’y a pas de contrôle », a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, 79 % des filles souhaitent aborder la sexualité et les relations affectives avec leurs parents, mais citent des obstacles, qualifiant le sujet de tabou. Environ 89 % des adolescents parlent de sexe entre pairs, soulignant les besoins non satisfaits en matière de dialogue familial.

Riestra a qualifié ces résultats d’inquiétants et appelé à une sensibilisation sans stigmatisation, en insistant sur l’éducation plutôt que sur les interdictions d’écrans. « Nous devons apprendre aux jeunes à utiliser les mobiles », a-t-elle dit. Le ministre de l’Éducation Ladislau Baró, présent au lancement du rapport, a salué l’initiative pour son « diagnostic » des réalités des jeunes et a insisté sur la nécessité de transformer les données en politiques. Il a noté que le dialogue Andorre-Bolivie apporte de la profondeur, mais a appelé à une participation plus large dans les écoles andorranes pour une meilleure représentativité. Des problèmes comme la violence, les inégalités et le manque d’empathie l’inquiètent, les solutions résidant dans une meilleure information et orientation.

La recherche, menée en trois phases – questionnaires pré-congrès, sondages en temps réel par QR code pendant l’événement de novembre et analyse postérieure – vise à s’élargir. Les prochaines éditions du Congrès Juventia, prévues les 12 et 13 novembre, incluront des tables rondes avec les parents sur les liens parents-jeunes, les addictions aux écrans, les relations affectives-sexuelles et la violence de genre. Les projets impliquent plus d’écoles, des étudiants universitaires et des liens ibéro-américains pour suivre les impacts des interventions.

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