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Sante·

Andorre présente un projet de loi sur les pharmacies pour limiter les ouvertures et équilibrer la répartition

Les autorités andorranes proposent de moderniser les lois de 1977 avec des seuils de population et des distances minimales pour éviter la surdensité à Andorra la Vella tout en favorisant les paroisses sous-dotées.

Points cles

  • Andorre : 57 pharmacies pour 89 058 habitants, ratio de 70 pour 100 000 vs 28 en OCDE.
  • Nouvelles pharmacies : seuil de 2 350 habitants et 60 m de distance.
  • Ventes en ligne limitées aux médicaments sans ordonnance ; amendes jusqu’à 200 000 €.
  • Entreprises limitées à 6 pharmacies, gérées par pharmaciens qualifiés.

Le gouvernement andorran a présenté un nouveau projet de loi pour réglementer le secteur des pharmacies, actualisant la législation datant de 1977. La ministre de la Santé Helena Mas et la responsable des ressources sanitaires Carme Pallarés ont dévoilé la proposition jeudi, visant à établir des critères clairs pour les nouvelles ouvertures tout en garantissant une couverture territoriale équitable.

Andorre compte actuellement 57 pharmacies pour 89 058 habitants, soit un ratio d’environ 70 pharmacies pour 100 000 habitants – supérieur aux 47 en Espagne, aux 31 en France ou à la moyenne de l’OCDE de 28. Le gouvernement considère cela comme la base optimale, les pharmacies existantes étant jugées suffisantes pour répondre aux besoins nationaux.

Les nouvelles pharmacies devront respecter un seuil de population de 2 350 habitants par établissement et une distance minimale de 60 mètres des autres, à condition que le critère démographique soit rempli. Les exigences structurelles incluent au moins 70 mètres carrés, ou 90 si un laboratoire de préparation de médicaments est inclus ; ces règles ne s’appliqueront pas rétroactivement aux établissements actuels.

Le projet de loi vise à éviter les zones surpeuplées, notamment dans les secteurs commerciaux comme Andorra la Vella, qui compte 27 pharmacies pour 21 496 habitants (une pour 796 personnes). Des exceptions s’appliquent dans les chefs-lieux de paroisses surdotés : de nouveaux établissements pourront ouvrir au-delà de 500 mètres des zones saturées s’ils sont situés en zones résidentielles. Des paroisses comme Encamp (trois pharmacies pour 11 236 habitants), Ordino (une pour 5 679), La Massana (trois pour 12 148) et Sant Julià de Lòria (cinq pour 10 256) pourraient en accueillir davantage selon ces directives.

Les ventes en ligne seront limitées aux médicaments en vente libre, les médicaments sur ordonnance étant interdits de promotion ou de vente sur les sites des pharmacies, bien que des détails techniques puissent être fournis. Mas a souligné la promotion d’une répartition équilibrée pour éviter les zones massifiées ou sous-dotées.

Développé avec le Collège des pharmaciens, le projet encadre également la propriété : les entreprises pourront exploiter jusqu’à six pharmacies, réservées à des pharmaciens qualifiés, avec interdiction d’incitations ou de conflits d’intérêts impliquant des prescripteurs comme des médecins ou des vétérinaires.

Un régime de sanctions vise les infractions, avec des amendes de 300 à 3 000 € pour les manquements mineurs (par exemple, signalétique défectueuse), de 3 001 à 20 000 € pour les graves (par exemple, ventes en ligne non autorisées), et de 20 001 à 200 000 € pour les très graves (par exemple, vente de médicaments non autorisés), pouvant inclure une fermeture temporaire ou définitive jusqu’à cinq ans. Des réglementations complémentaires sur la planification, les ordonnances et les inspections sont prévues dans les 6 à 12 mois suivant l’adoption.

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