Les règles anti-incendie obsolètes d’Andorre inadaptées aux immeubles en hauteur, alertent les experts
Des experts du ministère et des pompiers andorrans mettent en garde contre l’inadéquation des règles de 1978-1981 face à la prolifération des immeubles en hauteur, sans ventilation de fumée ni révisions, alors que des mises à jour sont en cours malgré des problèmes de conformité.
Points cles
- Règles anti-incendie de 1978 et 1981 obsolètes, sans mises à jour pour immeubles en hauteur ni révisions périodiques.
- 85 % des décès par incendie dus à l’inhalation de fumée ; besoin de cages d’escalier pressurées et de ventilation.
- Risques nouveaux des incendies de véhicules électriques en parking, pouvant durer des jours.
- Dépendance aux normes françaises/espagnoles cause confusion et non-conformité pour raisons économiques.
Des experts en sécurité incendie et en réglementations industrielles ont mis en lumière d’importants manquements dans les normes anti-incendie d’Andorre lors d’une session technique au centre de congrès, pointant des règles obsolètes qui ne répondent pas aux défis de la construction moderne.
Josep Maria Arnaus, expert technique en sécurité industrielle et qualité au ministère de l’Économie et du Logement, a noté que l’absence de réglementations claires et précises complique la mise en œuvre des mesures de sécurité, particulièrement dans les immeubles en hauteur qui se multiplient dans le pays. Il a reconnu que les règles anti-incendie existantes de 1978 et 1981 sont obsolètes, manquant de dispositions pour des révisions périodiques des installations de sécurité. Arnaus a confirmé des efforts en cours pour actualiser le cadre avec une réglementation de base, des instructions complémentaires et des directives spécifiques aux cas, bien que le processus se soit révélé complexe. « Il doit y avoir une modification et le travail est en cours », a-t-il déclaré, ajoutant que si les délais ont pris du retard, les progrès s’accélèrent.
La session, organisée par l’entreprise de solutions de ventilation Sodeca, a réuni des intervenants dont Òscar Llovet, chef de l’unité de prévention et d’investigation des incidents des Bombers, et l’ingénieur industriel Lluís Duró de Grup Pirineu Payma. Les participants ont insisté sur le rôle crucial des cages d’escalier protégées comme voies d’évacuation et espaces opérationnels pour les pompiers. Sans compartimentage et pressurisation adéquats, les escaliers risquent de devenir des cheminées remplies de fumée.
Llovet a souligné que 85 % des décès par incendie résultent d’une inhalation de fumée plutôt que des flammes directement, piégeant souvent les personnes avant que le feu ne les atteigne. Il a plaidé pour des systèmes de ventilation forcée afin d’évacuer la fumée, de contrôler les températures et de protéger les structures des bâtiments contre l’effondrement. Dans les immeubles en hauteur, les méthodes d’extinction traditionnelles ne peuvent atteindre les niveaux supérieurs sans ces dispositifs. Il a également signalé les risques émergents liés aux véhicules électriques dans les parkings, où les incendies peuvent durer des jours et nécessiter un recalcul des éléments de prévention comme la ventilation.
Duró a critiqué l’absence de paramètres clairs en Andorre par rapport à la France ou à l’Espagne, comme des limites de pression d’ouverture des portes dépassant 100 newtons, ce qui pourrait entraver l’évacuation.
Arnaus a pointé la dépendance aux normes plus strictes des pays voisins en l’absence de règles locales, conformément aux codes administratifs, mais a admis que cette confusion mène à des non-conformités. Il a déploré que les priorités économiques priment souvent sur les coûts de sécurité, affectant propriétaires, fabricants, installateurs et inspecteurs.
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