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Economie·

USdA alerte sur les risques d’abus et de pertes d’emplois avec les embauches par pays d’origine

L’Unió Sindical d’Andorra s’oppose aux recrutements gouvernementaux depuis la Colombie, craignant des conditions précaires et le remplacement des résidents sans contrôles adéquats. Argentinos en Andorra exige des garanties logement et reconnaissance des diplômes pour les contrats de 9 mois.

Points cles

  • Gabriel Ubach (USdA) craint une répétition des abus passés avec Péruviens et Argentins.
  • Contrats temporaires jusqu’à 9 mois risquent de remplacer les résidents pour réduire les coûts hors saison.
  • USdA pointe les limites de l’Inspection du travail sur logement, salaires et heures sup.
  • Argentinos en Andorra exige audits logement, validation diplômes et sinon alerte Amnesty, UE, ONU.

**L’USdA met en garde contre des risques d’abus et de displacement d’emplois avec les embauches par pays d’origine**

L’Unió Sindical d’Andorra (USdA) a exprimé de sérieuses préoccupations concernant le système d’embauche par pays d’origine prévu, avertissant qu’il risque de reproduire d’anciens abus du travail tout en pouvant évincer les travailleurs résidents. Le secrétaire général de l’USdA, Gabriel Ubach, a souligné ces problèmes dans des déclarations à Altaveu, décrivant l’initiative comme un tournant majeur pour le marché du travail andorran.

Soutenu par le gouvernement et la Confederació Empresarial Andorrana (CEA), ce système vise des travailleurs de pays d’Amérique du Sud – à commencer par la Colombie – pour des contrats allant jusqu’à neuf mois, incluant un hébergement et des voyages garantis. Ubach a mis en garde contre deux dangers principaux : des conditions de vie et de travail inadéquates, et le remplacement des employés actuels.

Il a évoqué des précédents récents impliquant des travailleurs péruviens et argentins, où des abus ont poussé le gouvernement à imposer des limites strictes sur les permis pour le personnel des entreprises étrangères. Sans surveillance renforcée, a-t-il dit, des problèmes similaires pourraient se reproduire. « Qui veillera à ce que ces personnes soient logées et payées comme convenu ? », a-t-il demandé, notant les ressources limitées de l’Inspection du travail et son incapacité à contrôler même les heures supplémentaires de manière efficace.

Ubach s’est opposé au projet, arguant qu’il manque de tout mécanisme de contrôle viable. Il imagine des travailleurs entassés dans des appartements « pastera » de mauvaise qualité et lésés sur leurs salaires. Il a aussi signalé la menace pour les locaux, affirmant que certains employeurs prévoient déjà d’utiliser des embauches temporaires pour réduire les coûts en basse saison, évitant ainsi des salaires à l’année.

Le dirigeant syndical a critiqué cette approche comme favorisant une petite élite au détriment de la société dans son ensemble, prédisant une arrivée massive de travailleurs temporaires indifférents aux protections sociales, aux lois sur la langue ou aux services publics de qualité. « Au lieu de familles, nous aurons des mercenaires cherchant à maximiser leurs gains pour les envoyer chez eux », a-t-il déclaré.

De son côté, Argentinos en Andorra a remis au gouvernement, à la Chambre de commerce et à l’Union des hôteliers un dossier technique listant des exigences non négociables pour l’accord de neuf mois. L’association réclame des garanties pour un logement digne, avertissant que des coliving non régulés pourraient entraîner une surpopulation massive dans des espaces de précarité extrême.

Elle appelle à des audits obligatoires sur place par le ministère des Affaires sociales et le Défenseur des citoyens, à des normes minimales en mètres carrés par personne, et à l’interdiction de modèles sans limites où le logement devient une activité annexe des entreprises. « Le logement est un droit fondamental que l’État doit protéger », a déclaré le groupe.

Parmi les autres demandes figurent une validation directe et gratuite des diplômes professionnels argentins pour mettre fin aux « péages économiques » via des voies indirectes comme l’Espagne ou les frais de l’Université d’Andorre – jugés comme un manquement éthique. Pour simplifier les embauches, elle propose de remplacer la « certificación de servicios » quasi inaccessible (impraticable pour 87 % des Argentins) par des historiques de travail ANSES notariés et apostillés selon la Convention de La Haye.

Pour les séjours prolongés, l’association demande que l’ancienneté soit comptabilisée double pour la résidence permanente, plus des avantages pour résidents comme les transports gratuits, tarifs culturels et contrats bancaires non abusifs. Elle a lancé un ultimatum : combler les lacunes sur le logement et l’arbitrage des licenciements arbitraires, sinon elle retirera son soutien et alertera des organismes comme Amnesty International, l’UE et l’ONU sur d’éventuelles vulnérabilités des travailleurs.

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