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Culture·

Encamp ouvre un refuge de montagne à thème sorcières sur les persécutions historiques

Le nouvel Aixopluc de les Bruixes propose un totem avec QR code, une fresque folklorique et des détails sur 34 habitants accusés de sorcellerie entre 1450 et 1661, mêlant légende et patrimoine andorran pour attirer les randonneurs.

Points cles

  • Encamp dévoile l’Aixopluc de les Bruixes sur le sentier Camí de les Pardines, avec totem légendaire à QR code et fresque folklorique.
  • Met en lumière les procès de 34 locaux (32 femmes, 2 hommes) accusés de sorcellerie à Encamp de 1450 à 1661, dont au moins 7 exécutés.
  • Mêle la légende des sorcières d’Engolasters aux persécutions historiques pour séduire les randonneurs.
  • Rénove un site vandalisé en attraction touristique, selon les officiels et l’artiste Àngel Calvente.

Encamp a inauguré l’Aixopluc de les Bruixes dimanche sur le sentier Camí de les Pardines, à mi-chemin entre le centre de la paroisse et l’étang d’Engolasters. Ce refuge de montagne rénové met en lumière la légende des sorcières d’Engolasters ainsi que les procès historiques de locaux accusés de sorcellerie.

Le syndic suppléant Xavier Fernàndez et la conseillère Verònica Solsona ont dévoilé un totem extérieur surmonté d’un chat noir, symbole ancestral de magie dans le folklore populaire. Le totem comporte un code QR renvoyant vers des détails sur les persécutions. À l’intérieur, l’artiste Àngel Calvente a réalisé une grande fresque inspirée de l’étang et du folklore, immergeant les randonneurs dans les mythes collectifs de la région.

Solsona a décrit l’intention du design : un intérieur sombre pour saisir le mystère de la légende, contrasté avec le totem ensoleillé pour éclairer la réelle souffrance médiévale des accusés, en grande majorité des femmes. Le projet ressuscite un site précédemment dégradé par des actes de vandalisme, le transformant en halte attractive mêlant récits oraux, archives documentées et patrimoine pour attirer les visiteurs.

L’historien Pau Castell, spécialiste des chasses aux sorcières pyrénéennes, a aidé à fournir un contexte tiré des Archives nationales d’Andorre. Les registres font état de 34 habitants d’Encamp – 32 femmes et deux hommes – accusés entre 1450 et 1661. Les voisins les rendaient responsables des maladies et de la mort du bétail. La Cour des Corts andorrane prononçait des peines comme l’exil, la confiscation de biens, l’exécution par le feu ou la pendaison. Au moins sept ont été tués, tandis que d’autres ont fui ou écopé de peines moindres. Castell a noté que de telles initiatives diffusent la connaissance au-delà des spécialistes.

La légende situe l’étang d’Engolasters comme lieu de rassemblement des sorcières des vallées andorranes, du Canigou, du Puigmal et du Cadí lors de la nuit de la Saint-Jean. À minuit sous la lune, elles dansaient autour d’un diable en forme de chèvre, échangeant des sorts au milieu de la musique et des cris. Les jeunes locaux surpris à espionner se changeaient en chats noirs jusqu’à l’aube, puis oubliaient la nuit. Le folklore lie aussi le nom de l’étang à « engolir estels », où il avale les étoiles filantes lors de la nuit de la Saint-Laurent.

Calvente a qualifié le travail d’expérience gratifiante, nourrie par l’intérêt des passants durant sa réalisation. Le refuge enrichit le tourisme et la sensibilisation sur ce sentier Pardines très fréquenté.

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